Histoire de l'armée libanaise (1945-2012)

juin 16, 2012

Le coup d’Etat du brigadier Aziz el-Ahdab et ses conséquences

Filed under: Bibliographie, Biographies, Revue de presse de 1975 à 1990 — josephhokayem @ 3:08  

Le 11 mars 1976 à 20h35 le brigadier Aziz el-Ahdab[1] entre dans les locaux de la Compagnie Libanaise de Télévision (CLT) « accompagné d’une escorte militaire palestinienne procurée par Abou Hassan chef des services de renseignement de la Résistance palestinienne[2] » et prononce à 21h le communiqué numéro 1, généralement signe avant-coureur d’un coup d’Etat[3]. Il commence par un préambule dans lequel il justifie son action par l’urgence de sauver la patrie et de rétablir l’unité de l’armée. Le brigadier Ahdab qui commande la place militaire de Beyrouth se donne le titre de « gouverneur militaire provisoire » et fait la lecture d’un communiqué en 13 points dont les trois principaux sont : l’appel au président Sleimane Frangié de démissionner en imitant l’exemple de Béchara el-Khoury en septembre 1952, la convocation de la Chambre des députés dans un délai de sept jours afin qu’elle élise un nouveau président de la République et la démission du gouvernement dans un délai de 24h. A la fin de son communiqué, le brigadier Ahdab rassure les téléspectateurs en disant qu’il n’aspire pas au pouvoir, qu’il n’est pas partisan du pouvoir militaire et qu’il livrera le pouvoir aux nouvelles autorités civiles dès qu’elles auront été élues.

Au cours de sa première conférence de presse qui se tient le 12 mars 1976 au siège du commandement de la place de Beyrouth, le brigadier Ahdab se défend d’avoir exécuté un coup d’Etat en précisant que son objectif (annoncé dans le communiqué numéro 1) est de sauver le pays et de rétablir l’unité de l’armée, et non pas d’instituer un pouvoir militaire. Le soulèvement militaire du brigadier Ahdab a quelques ressemblances avec un coup d’Etat : proclamation de l’état d’urgence sur tout le territoire national, établissement d’un couvre-feu[4], annonce de communiqués et de ralliements[5] et formation d’un Conseil de commandement[6]. Pour certain analystes, le brigadier Ahdab a effectué un coup d’Etat télévisé et pour d’autres comme Assem Kanso secrétaire général du Parti Baath prosyrien, le brigadier Ahdab a fait du « show télévisé[7] ». Pour d’autres comme René Chamussy « le coup du général Ahdab n’était pas un coup d’Etat mais une simple mise en demeure adressée au président Frangié[8] ».

Le mouvement de sauvetage du commandant de la place militaire de Beyrouth permet l’accélération de l’amendement de l’article 73 de la Constitution le 10 avril 1976 et l’élection deux mois et demi avant la date prévue, le 8 mai 1976, d’un nouveau président, M. Elias Sarkis. En revanche, le brigadier Ahdab n’obtient pas la démission du président Sleimane Frangié tel qu’exigé dans son communiqué numéro 1.

Maintenant, nous allons voir les raisons de ce coup d’Etat et les détails de son application relatés par son auteur, qui nous donne sa version des faits. C’est ainsi que le brigadier Aziz el-Ahdab affirme que « le 11 mars 1976 à 09h00 du matin, j’entreprend de visiter toutes les casernes militaires dépendant du Commandement de la Place militaire de Beyrouth. Je me réuni et m’entretient avec les officiers. Je leur demande notamment de rester vigilants et les informe de la nécessité de rester proches de leurs hommes et de leurs revendications, surtout après avoir reçu des informations faisant état de la chute successive des casernes du Nord, du Sud et de la Békaa aux mains de l’Armée du Liban Arabe. Jusqu’à midi je n’ai encore aucune intention d’entreprendre une action militaire, mais à mon arrivée à mon bureau du Commandement de la Place militaire de Beyrouth, on me met au courant des derniers développements sécuritaires et politiques, ce qui me fait envisager l’idée de déclencher un coup d’Etat le jour même, après les informations télévisées de 20h00[9] ». Entre autres raisons qui poussent Ahdab à décider d’entreprendre son coup d’Etat : le retrait des officiers syriens des Comités de coordination, l’assassinat du colonel Abdel-Magid Chéhab commandant de la région militaire du Liban-Nord et la détérioration de la situation militaire et sécuritaire avec la réapparition des barrages et des enlèvements. En plus de tout cela, de nombreux rapports font état de l’intention des Kataëb, du PNL et de l’Armée du Liban Arabe d’attaquer et de s’emparer de toutes les casernes de la capitale dans la nuit du 11 au 12 mars 1976.

Vers 18h00, le général Ahdab convoque le capitaine Jaroudi, le responsable du Deuxième Bureau pour la Place militaire de Beyrouth. Il le met au courant de sa décision et lui demande d’organiser une mission de reconnaissance aux abords des locaux de Télé Liban-Canal 7 situés à Tallet el-Khayyat et de Radio Liban à Sanayeh. Il lui demande aussi de s’assurer des services d’un technicien spécialisé dans la diffusion des informations télévisées. « A 19h15, je convoque les officiers sous mes ordres au Commandement de la Place militaire de Beyrouth, les colonels Georges Karam, Georges Makhlouf et Mohammad el-Hajj. Je les mets au courant de ma décision et des raisons qui m’ont poussé à la prendre, et je reçois leur appui total[10] ». Après cette réunion, le brigadier Ahdab demande à ces derniers de faire préparer un détachement de blindés qui est prêt à prendre la route un quart d’heure plus tard.

A 19h30, une voiture civile occupée par des éléments du Deuxième Bureau de la Place militaire de Beyrouth prend la route dans le but d’effectuer une mission de reconnaissance, suivie de très près par la force blindée à la tête de laquelle se trouve Ahdab. Ce dernier se dirige directement au centre de coordination situé à la caserne Emile Hélou et demande au colonel Kamal d’informer les organisations palestiniennes que l’unité militaire qui est arrivée subitement à Beyrouth-Ouest n’est pas là dans le but de frapper le Mouvement National. Ahdab se dirige ensuite vers les locaux de Télé Liban qu’il fait encercler par ses blindés avant d’entrer en contact avec les responsables de la Compagnie Libanaise de Télévision (CLT) et de diffuser son communiqué numéro 1.

« Lorsque je sors des locaux de Télé Liban, les soldats chargés de la garde des locaux et ceux de mon escorte m’accueillent par des tirs nourris en l’air en guise d’appui à mon coup d’Etat[11] ». Ahdab se dirige ensuite vers les locaux de Radio Liban situés à Sanayeh vers 22h00, où il diffuse son communiqué numéro 1.

Les réactions du commandement de l’armée

« Dès que le communiqué numéro 1 est diffusé, une réunion est organisée au commandement de l’armée dans le bureau du commandant en chef le général Hanna Saïd à laquelle participent les officiers supérieurs ainsi que les commandant d’unités et de régions militaires. La réunion se poursuit jusqu’à 03h00 du matin le 12 mars 1976. Plusieurs avis sont donnés au cours de la réunion par rapport au coup d’Etat, dont le plus important est que le commandement de l’armée adopte le mouvement de réforme du brigadier Aziz el-Ahdab. Mais le commandant de l’armée ainsi que six officiers proposent d’attendre pour voir la tournure que prennent les choses avant d’adopter ce mouvement, tandis que neuf autres officiers sont pour l’adoption immédiate du mouvement d’Ahdab et pour son parrainage par le commandement de l’armée[12] ». Les officiers qui ont demandé l’appui du mouvement d’Ahdab sont : le chef d’état-major de l’armée le général Saïd Nasrallah, le général François Génadry, le général Fayez el-Rassy, le général Simon Saïd, le colonel Raouf Abdel-Samad, le colonel Antoine Lahad, le colonel Nabil Koraytem, le colonel Georges Gharib et le colonel Ismaïl Charafeddine. Quant aux officiers qui prônent l’attentisme, ce sont : le général Faouzi el-Khatib, le général Toufic Jalbout, le général Moussa Kanaaan, le colonel Jules Boustany, le colonel Ahmad el-Hajj, le colonel Jamil Takieddine. Certains d’entre eux changent d’avis au cours de la réunion et annoncent leur accord à l’appui du mouvement du général Ahdab.

Dans son communiqué numéro 2 diffusé le 12 mars 1976, le gouverneur militaire provisoire du Liban, sur base du texte du décret numéro 10 daté du 7 juillet 1967 et du décret numéro 4343 daté du 12 novembre 1972, décide ce qui suit :

Article 1 : Instauration du couvre-feu à Beyrouth et ses banlieues à partir du 11 mars 1976 à 22h00 et jusqu’à nouvel ordre.

Article 2 : Le corps diplomatique, les députés, les organismes médicaux, les employés de l’administration publique, les journalistes et les envoyés spéciaux, les employés et ouvriers des compagnies de l’électricité, de l’eau et de la télévision, les voitures et les employés des compagnies d’aviation, les boulangers et leurs ouvriers, les distributeurs de journaux, les ouvriers des imprimeries, les éboueurs, les employés, ouvriers et gardiens du Port de Beyrouth, les délégués de la Croix-Rouge sont dispensés de l’application des dispositions de l’article 1 après contrôle de leurs cartes professionnelles.

Article 3 : Les heures de levée du couvre-feu seront communiquées aux citoyens par voie de communiqués publiés dans les médias.

Article 4 : Les forces de l’ordre ont ordre d’ouvrir le feu sur toute personne transportant une arme apparente et qui n’obtempère pas à la première sommation.

Article 5 : L’armée est chargée de faire appliquer les dispositions de ce communiqué et d’arrêter les contrevenants afin qu’ils comparaissent devant les tribunaux spécialisés.

Remarque : Les banlieues de Beyrouth sont déterminées par une ligne qui commence au Nord de Nahr el-Kalb, Dbayé, Beit el-Chaar, Antélias, Jal el-Dib, Jdeidé, Mkallès, Tall el-Zaatar, Fayadiyé, Hadeth, route de Choueifate jusqu’à Khaldé.

Les réactions des divers mouvements militaires

Le 13 mars 1976 à minuit, Radio Liban (Sanayeh) diffuse un communiqué publié par le « Mouvement des officiers chrétiens », qui dit en substance : « Nous, les officiers soussignés, malgré notre non sectarisme, proclamons ce qui suit :

Le pays est au bord d’une guerre civile aux conséquences désastreuses. Notre sens des responsabilités nationales et la volonté de sauvegarde de la formule qui nous est chère qui se traduit par l’unité de la terre, de la Nation et de l’armée ainsi que notre espoir d’arriver à un système libanais démocratique et laïc, et suite à la décision de la majorité parlementaire du 13 mars 1976 qui représente la légalité, nous décidons :

1-D’adopter le contenu du communiqué numéro 1 du mouvement du général Ahdab.

2-D’appuyer le Parlement dans son appel au président de la République à démissionner.

3-D’inviter tous les militaires chrétiens (officiers, sous-officiers et hommes de troupe) qui nous soutiennent à travailler ensemble à l’édification d’un nouveau Liban.

4-D’appeler les idéologues et les responsables politiques ainsi que la majorité silencieuse de voir l’intérêt de la Nation et de donner leurs avis.

Que Dieu nous garde fils de l’héroïsme libanais qui n’est pas mort.

Signature : Commandants Kabalan Abi-Saab, Fouad Malek, Emile Rizk ; Capitaines Paul Farès, Chéhadé Maalouf, Adonis Neemé, Wehbé Katicha ; Lieutenants Jihad Chahine, Georges Semaan, Marcel Karam, Antoine Haydamous, Camille Ata, Michel Hallit, Adnane Homsi, Salim Layoun, Ghazi Ghattas, Samir Sansil, Mounir Aoun ; Sous-lieutenant ingénieur Ragi Maalouf ; Sous-lieutenants Saïd Eid, Charbel Nagib, Armand Tabchi et Charbel Rizk[13] ».

Toujours le 13 mars 1976, un certain nombre des officiers de la région militaire du Liban-Nord adressent une lettre d’appui au brigadier Ahdab, dont voici le texte : « Afin de sauvegarder l’unité de l’armée ainsi que la dignité du pays, et de par notre croyance en un Liban arabe, uni et indépendant, nous les officiers réunis à Tripoli ainsi que les sous-officiers et soldats qui ont participé à la réunion appuyons et bénissons votre intifada pour le bien du Liban et de son peuple. Signatures : colonel Yassine Soueid ; lieutenant-colonel Abdel-Rahman Bohsali ; commandants Adel Zebyan, Hasan Tout, Semaan Abi-Hanna, Mohammad Youssef al-Kayyal ; capitaines Amine al-Ayyas, Mohammad Zeidane, Salamé Sleimane et Ali Cheib ; lieutenants Milad Abi-Saab, Ahmad Sour, Hafez el-Hajjar, Ali Esper, Ahmad Chédid, Moustapha el-Korhani et Moustapha Sleimane ; sous-lieutenants Haïdar Safa, Naji Hadi, Nabih el-Kurdi et Walid Abdel-Baki[14] ».

L’Armée du Liban Arabe sous le commandement du lieutenant Ahmad el-Khatib appuie le coup d’Etat d’Ahdab sur la base de l’application du programme de réformes politiques du Mouvement National et de la démission du président Frangié.

Le commandant Ahmad Maamari chef de l’Armée du Liban Arabe pour le Liban-Nord appuie le mouvement d’Ahdab et met tous ses moyens aériens et terrestres à la disposition de ce dernier.

Le commandement de la région militaire du Mont-Liban ainsi que la Division de commandos des Maghawir et la caserne de Hammana appuient l’intifada militaire du brigadier Ahdab.

Dans ce sens, le brigadier Ahdab affirme que « du point de vue des forces armées, le commandement de l’armée, les officiers supérieurs, les commandants de régions militaires, les commandants de la Marine et des Forces Aériennes, les commandants des positions et des brigades de l’armée, ainsi que les officiers des Forces de Sécurité Intérieure et de la Sûreté Générale se sont empressés d’appuyer son coup d’Etat dans une mesure de 90% du total des militaires[15] ».

Le colonel Antoine Barakat quant à lui refuse l’intifada militaire d’Ahdab et le 13 mars 1976, il crée un nouveau mouvement militaire fidèle au président Frangié et qui a pour but d’appuyer la légalité. « Dans une première étape, il met la main sur la caserne Chukri Ghanem à Fayadiyé et clarifie la situation en proclamant qu’il appuie le commandement légal de l’armée sous le ordres du général Hanna Saïd et qu’il exécute ses ordres. Mais il oublie que le commandement de l’armée a appuyé l’intifada militaire et qu’il a pris les thèses du communiqué numéro 1 à son compte le 12 mars 1976 en soirée[16] ».

La situation au Liban avec le coup d’Etat du brigadier Ahdab devient plus complexe puisque le mouvement de sauvetage se révèle incapable de mener une action militaire de petite envergure comme celle de séparer les combattants dans la zone des grands hôtels et du centre-ville. Ce dernier ne pouvait donc pas imposer au président de démissionner par la force des armes. Les différents ralliements de militaires et de civils au général Ahdab ne démontrent que la simple volonté de changement chez tous qui est exacerbée par le prolongement de la guerre qui sévit depuis 11 mois dans le pays. Parmi les principes du mouvement Ahdab, il faut noter : la laïcisation, l’équilibre confessionnel, une nouvelle loi sur l’armée qui assure les besoins d’une politique de défense, l’affirmation de l’arabisme du Liban, la réunification du pays et la consolidation de l’unité nationale.

Le rétablissement de l’unité des rangs au sein de l’armée libanaise ne se réalise pas. L’armée qui est déjà neutralisée va se retrouver divisée par le coup d’Etat du commandant de la place militaire de Beyrouth en trois formations essentielles : l’Armée du Liban Arabe qui se rallie au mouvement du 11 Mars le 15 mars, contrôle les casernes de Beyrouth-Ouest (Emir Bachir, Emir Fakhreddine et Henri Chéhab[17]) ; l’Armée du Liban du commandant Fouad Malek –qui prône la solution belge de deux armées séparées –qui sera appuyée d’une part par le colonel Antoine Barakat qui a occupé le 13 mars 1976 la caserne Chukri Ghabem de Fayadiyé et d’autre part par le major Saad Haddad qui groupe au Liban-Sud une formation de 700 hommes connue sous la dénomination de « formation de Marjeyoun –Kleyaa; enfin, l’Avant-Garde de l’armée libanaise qui est cantonnée dans la caserne de Rayak dans la Békaa et qui a à sa disposition la majeure partie de l’arsenal de l’Armée de l’Air à part les hélicoptères Alouette qui sont stationnés à la Base Aérienne de Beyrouth et qui compte 400 hommes au début. Ce sont les forces armées constituant cette formation qui vont protéger la prestation de serment d’Elias Sarkis à Chtaura. La 3e formation va s’abstenir de participer aux combats acharnés qui se généralisent dans le pays à partir du 18 mars 1976 à Beyrouth (bataille des grands hôtels, bataille du centre-ville), à la montagne (bataille de Aley –Kahalé, bataille de Aïntoura, bataille de Tarchiche, bataille de Mtein au Metn-Nord, bataille de Majdlaya –Kobbé au Nord et bataille de Kobeyate au Nord-Est), les deux premières formations vont au contraire se jeter entièrement dans la bataille. La première va soutenir les Forces communes –branche militaire du Mouvement National libanais –qui établissent le 20 mars 1976 un plan militaire global et irréversible. En effet, le 15 mars 1976, les officiers et soldats du commandement du Mont-Liban ainsi que les commandos de l’armée adressent un ultimatum au chef de l’Etat lui demandant de démissionner le jour-même, et des unités de l’ALA marchent sur le palais de Baabda à partir de leurs casernes de Saïda, de la Békaa ainsi que de la caserne de Hammana. Cette offensive destinée à chasser le président Frangié du pouvoir est stoppée par l’intervention d’unités de la Saïka et de l’Armée de Libération de la Palestine. En effet, les troupes de l’ALA venant de Saïda sont stoppées sur l’axe Khaldé –Ouzaï qui constitue l’entrée Sud de Beyrouth. Les troupes de l’ALA venant de Hammana sont stoppées à Mdeirej –Sofar et les troupes de l’ALA venant de la Békaa sont stoppées au niveau de Chtaura. C’est la première intervention militaire syrienne (même indirecte) dans le conflit libanais. La seconde va soutenir les Forces Libanaises –branche militaire du Front Libanais –. Plusieurs faits militaires vont pousser les Forces Libanaises à décréter la mobilisation générale dans leurs rangs le 26 mars 1976, et qui sont principalement : la chute du Holiday Inn tenu par les phalangistes aux mains des Forces communes le 21 mars, et l’encerclement le 23 mars des hôtels Normandy et Hilton. Toujours le 23 mars, dans la montagne, les Forces communes parviennent à Monteverde au-dessus de Beyrouth.  Le 25 mars 1976, l’artillerie de l’ALA bombarde le palais de Baabda au canon de campagne de 155 mm, ce qui pousse le président Frangié à se réfugier à Zouk-Mikhaël puis à Kfour dans le Kesrouane. Le 26, les Forces communes vont occuper Mtein, Tarchiche et Aïntoura après des duels d’artillerie lourde et des combats de blindés entre l’ALA et une fraction de l’armée libanaise fidèle au président Frangié, ce qui va pousser les Forces Libanaises à décréter la mobilisation générale dans leurs rangs et à intégrer tous les hommes valides comme force d’appui aux miliciens déjà présents sur le terrain aux côtés des militaires chrétiens qui se sont ralliés à eux.


[1] Le brigadier Aziz el-Ahdab s’engage à l’Ecole Militaire de Homs en 1936 en tant qu’élève-officier. Il gravi les échelons militaires jusqu’à arriver au grade de brigadier en 1974. Il suit plusieurs sessions de formation au Liban et à l’étranger (France, Angleterre, Etats-Unis, Allemagne, Belgique, Hollande et Irak) où il obtient les diplômes suivants : tireur d’élite de Belgique et Hollande, commando de France et d’Angleterre, officier d’état-major de France, officier d’état-major d’Irak. Il reçoit le commandement successif des écoles militaires suivantes : l’Ecole de sport, de tir et de combat (1954 à 1958), l’Ecole de Ski (1965-1967), Maahad el-Taalim (1968-1970), l’Ecole Militaire (1970-1972). En parallèle de ses fonctions de commandant des écoles militaires, il se voit confier plusieurs commandements opérationnels : commandant d’une compagnie de commandos (1940), d’une compagnie d’infanterie (1949), du 4e Régiment (1963), commandant du secteur central (1964), commandant de la région militaire de la Békaa (1969), commandant de la région militaire de Beyrouth (1973). Le général Chéhab lui confie la Direction de la Police au début de son mandat suite aux événements de 1958. Désigné attaché militaire en Irak en 1965. Il s’octroie le titre de gouverneur militaire provisoire du Liban suite à son coup d’Etat militaire du 11 mars 1976. C’est l’officier le plus décoré de l’armée libanaise. C’est également un intellectuel qui a écrit plus de 20 ouvrages dont les principaux sont : « Pour le Liban », « Lumières sur l’ennemi israélien », « La Défense Nationale Libanaise face à l’ennemi israélien », « L’importance du Golfe arabe militairement, économiquement et politiquement », « La doctrine militaire libanaise », « La guerre des Six Jours », « Le septième jour de la guerre des Six Jours », « Fakhreddine, fondateur du Liban moderne » et « L’Opération du canal de Suez ». (an-Nahar du 12 mars 1976).

[2] Samir Kassir, La guerre du Liban : De la dissension nationale au conflit régional, Ed. Karthala –CERMOC, 1994, P.171.

[3] Les informations relatives au coup d’Etat du général el-Ahdab du 11 mars 1976 sont tirées des ouvrages de Samir Kassir, op. cit., p. 169 à 173, René Chamussy, op.  cit., pp. 142 à 145, Adel A. Freiha, op. cit., pp. 216 à 221 et Aziz el-Ahdab, op. cit., pp. 206 à 212.

[4] En fait le brigadier Aziz el-Ahdab n’avait pas les moyens militaires nécessaires pour appliquer toutes ces mesures, et il ne contrôlait militairement que son quartier général situé dans les locaux du commandement de la Place militaire de Beyrouth, le siège de la radio et l’une des deux chaînes de télévision située dans la partie Ouest de la capitale.

[5] Il reçoit le ralliement public de nombreuses unités, mais en fait ses partisans sont composés d’officiers plus que de soldats.

[6] La formation d’un Conseil de Commandement le 21 mars (communiqué numéro 11) ne voit pas le jour puisque les réunions de ce Conseil sont ajournées dès le 22 mars (dernier communiqué du général Ahdab portant le numéro 12). Ce Conseil de Commandement est formé –outre le général Aziz el-Ahdab –du général B.E.M François Génadry commandant l’Ecole Militaire de Fayadiyé, du colonel Dib Kamal, du colonel B.E.M Mohammad Hajj, du capitaine Samir Kadi (ces cinq officiers appartiennent à la place militaire de Beyrouth), du lieutenant Ahmad el-Khatib commandant de l’Armée du Liban Arabe, du commandant Ahmad Maamari président du Conseil de Commandement du Nord, du commandant Ahmad Boutari président du Conseil de Commandement du Sud, du lieutenant-colonel Fawzi Abou-Farhat commandant la Base Aérienne Est, du commandant Sami Kassis commandant la Base Aérienne Nord et du commandant Sleimane Mazloum de l’Armée de l’Air.

[7] L’Orient-Le Jour du 18 mars 1976, P.1 et 4.

[8] René Chamussy, Chronique d’une guerre: le Liban 1975-1977, Ed. Desclée, 1978.

[9] Aziz el-Ahdab, op. cit., p. 206.

[10] Aziz el-Ahdab, op. cit., p. 207.

[11] Aziz el-Ahdab, op. cit., p. 208.

[12] Aziz el-Ahdab, op. cit., p. 222.

[13] Aziz el-Ahdab, op. cit., pp. 223-224.

[14] Aziz el-Ahdab, op. cit., p. 224.

[15] Aziz el-Ahdab, op. cit., p. 240.

[16] Aziz el-Ahdab, op. cit., p. 225.

[17] A cette époque, l’Armée du Liban Arabe contrôle déjà le ¾ des casernes de l’armée.

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