Le Liban se défend face à Israël

RESEAU ACTU

Suite au crash, le samedi 31 mars, d’un drone israélien abattu par le Hezbollah dans le sud du Liban, le commandant en chef de l’armée libanaise a mis l’accent sur le maintien de l’intégrité territoriale et de la souveraineté du Liban.

?Le Liban se réserve le droit de défendre ses frontières maritimes et terrestres?, a souligné le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Joseph Aoun, cité par le journal L’Orient-Le Jour.

« Nous ne permettrons à personne de s’en prendre à la souveraineté du Liban », a déclaré le général peu de temps après le crash du drone israélien dans le sud du Liban.

Pour le général Aoun, la menace terroriste a été éliminée alors que la menace sécuritaire persiste toujours dans le pays.

Article complet: Pars Today — http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i60614-le_liban_se_d%C3%A9fend_face_%C3%A0_isra%C3%ABl

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Le Liban veut renforcer sa présence militaire à sa frontière sud

RESEAU ACTU

Le Liban prévoit d’accroître sa présence militaire le long de sa frontière sud avec Israël, a annoncé jeudi le Premier ministre libanais Saad Hariri lors d’une conférence à laquelle prenaient part une quarantaine de pays et le secrétaire général de l’Onu. ?Nous allons envoyer plus de troupes dans le Sud et nous insistons sur notre intention de déployer un nouveau régiment?, a-t-il dit, précisant qu’Israël ?demeurait la première menace pour le Liban?.

» LIRE AUSSI – Au Liban, le mur israélien de la discorde

?Alors que nous réfléchissons aux moyens de passer d’une situation de cessation des hostilités à une situation de cessez-le-feu permanent, Israël continue de construire un mur sur des zones réservées le long de la ligne bleue?, a-t-il ajouté.

Le Conseil de sécurité de l’Onu a autorisé le déploiement de 15.000 soldats libanais le long de la frontière avec Israël depuis la fin du conflit de 2006…

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Moscou s’apprête à signer un énorme contrat avec le Liban

Dan Halbock

Selon le journal londonien à capitaux saoudiens Asharq al-Awsat, la Russie a annoncé avoir l’intention de signer un important accord militaire avec le Liban qui permettrait au pays de moderniser son armée. Suivant l’avant texte de l’accord dont le journal aurait obtenu une copie, l’accord devrait porter à la fois sur l’échange des moyens de défense, et le renforcement des capacités de sécurité ainsi que la réactivation des coopérations militaires.

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L’armée libanaise dans la guerre de Palestine (1948-1949) : vers un renouveau historiographique (par Stéphane MALSAGNE)

https://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2008-3-page-207.htm

 

Du fait même de l’ampleur limitée de ses opérations militaires en 1948, le rôle de l’armée libanaise sur le front de Galilée a longtemps été le principal laissé-pour-compte dans l’historiographie de la guerre de Palestine et ce, au détriment des fronts syrien, jordanien et égyptien [1][1]  Voir à ce sujet l’absence d’analyses sur le cas libanais…. Du reste, les productions historiques successives sur la genèse du Liban moderne font souvent l’impasse sur l’état réel de la participation militaire libanaise contre Israël et les enjeux qu’a revêtu la première guerre israélo-arabe dans le fonctionnement des affaires politiques et militaires du pays. Liée en partie jusqu’à présent à la carence des sources disponibles, cette impasse historiographique semble d’autant plus importante à relever que la guerre de 1948 en Palestine est le seul moment avéré d’une contribution militaire libanaise dans l’histoire des guerres israélo-arabes au XXe siècle [2][2]  Sean Foley, “It would surely be the second : Lebanon,…. Historiens israéliens et anglo-saxons ont néanmoins récemment tenté de revisiter ce moment charnière, utilisant abondamment des documents militaires libanais, palestiniens, syriens et israéliens, tels que des rapports des services de l’armée (souvent israéliens), des témoignages d’officiers ou des mémoires [3][3]  Voir par exemple le deuxième tome des mémoires en…. Ces travaux s’efforcent de jeter un regard critique sur les sources officielles, souvent véhiculées par une presse libanaise dont la tendance est de surévaluer, pour des raisons politiques, la part et les succès de l’armée nationale dans le conflit [4][4]  En grande partie à l’initiative de l’historien israélien… .

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L’ouverture récente des archives libanaises du Quay d’Orsay pour la période postérieure à l’indépendance du pays permet en outre de compléter de manière précieuse une situation d’ensemble complexe où interviennent une pluralité d’acteurs et d’enjeux nationaux et régionaux qui plaident pour une spécificité de l’attitude militaire du pays des Cèdres après la proclamation de l’Etat d’Israël le 14 mai 1948.

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D’après le travail du mémorialiste palestinien Arif al-‘Arif, l’armée libanaise n’a fait qu’une brève incursion en territoire palestinien, optant ainsi pour l’amélioration de son dispositif défensif malgré les recommandations d’actions résolument offensives recommandées par le Premier ministre Riyad al-Suhl [5][5]  Arif al-‘Arif, Al-Nakbat, Beyrouth, Sayda, t. II,…. La guerre de Palestine révèle ainsi au grand jour la question du processus de décision dans un pays officiellement indépendant depuis novembre1943, avant que les derniers soldats de l’ex-puissance mandataire française ne quittent définitivement le territoire à la fin du mois de décembre 1946. L’intérêt d’une telle réflexion est à la fois la possibilité d’une approche comparatiste avec les pays arabes voisins, mais aussi d’une analyse des tensions entre les acteurs au sommet de l’Etat libanais. En 1948, la véritable question réside en effet moins dans l’observation des différents mouvements de l’armée libanaise dans le conflit avec Israël, que dans une tentative d’explication de l’échec de la stratégie offensive réclamée par Riyad al-Suhl. La dialectique des rapports entre autorités civiles et militaires dans la guerre de Palestine ne fait pas à ce titre du Liban un cas original. La question de l’entrée dans la guerre est généralement pour les Etats arabes un facteur de divisions internes, tant au niveau des hautes sphères de l’Etat que des relations entre civils et chefs de l’armée. En Egypte, c’est le roi Farouk qui décide sous la pression populaire et dans son désir de contenir ‘Abdallah, de lancer l’armée dans le conflit et ce, contre l’avis de son premier ministre Nuqrashi. Après le désastre des armées arabes en 1948-1949, le discrédit porté sur les classes politiques jugées responsables tant par les officiers que par l’historiographie arabe, a préparé le terrain aux premiers coups d’Etat militaires de l’après- guerre au Moyen-Orient [6][6]  L’historiographie arabe a longtemps ménagé la responsabilité…. Y a t-il à ce titre une spécificité libanaise ? Face à l’enthousiasme belliciste des populations musulmanes et la volonté officielle manifestée par l’Etat libanais pour participer à l’invasion du jeune Etat hébreu aux côtés des autres Etats arabes, des forces centrifuges internes poussent à la retenue. Parmi elles, les pressions du patriarcat maronite, l’attitude du commandant en chef de l’armée, mais aussi des considérations géopolitiques plus classiques, comme la crainte, en cas d’action arabe coordonnée, d’une résurgence des projets de Grande Syrie et de Croissant fertile de nature à diluer l’entité libanaise créée en 1920 par la France. Dans quelle mesure l’attitude del’armée libanaise en 1948 est-elle ainsi le résultat d’une série de compromis internes et externes et fait resurgir les rivalités traditionnelles entre le gouvernement de Beyrouth et ses voisins arabes ?

Les militaires contre les politiques

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La guerre de Palestine voit émerger sur la scène libanaise la personnalité du général Fouad Chéhab, le premier commandant en chef de l’armée du Liban indépendant. Ce dernier deviendra en 1958 le troisième chef d’Etat du Liban indépendant et le premier militaire à accéder à cette fonction. Généralement ignoré par l’historiographie avant l’année 1952 (date à laquelle il devient le premier président maronite du Conseil depuis l’indépendance, le poste étant réservé traditionnellement à un sunnite), il est chargé de diriger les opérations militaires sur le front de Galilée. L’analyse précise de son rôle fait généralement défaut dans les études existantes alors qu’elle est indissociable du comportement de sa jeune armée, créée en 1945 et dont les cadres ont été soigneusement recrutés sous son contrôle. Francophile notoire, ancien cadre des Troupes spéciales du Levant et formé en France dans l’entre-deux guerres, ce général maronite n’a laissé aucun écrit connu, ni témoignages directs d’importance sur la première guerre israélo-arabe. L’existence d’un dossier nominatif le concernant et conservé à Nantes permet néanmoins de pallier en partie ce déficit d’informations par le biais de sources indirectes, telles que les comptes-rendus de ses conversations avec l’attaché militaire français en 1948 [7][7]  Ministère des Affaires Etrangères (Nantes), Série…. Loin de se limiter à la carrière d’un homme, ces archives révèlent au grand jour la méfiance qui prévaut au sein d’une hiérarchie militaire libanaise réticente à s’engager dans une action offensive et à coordonner son action avec les armées arabes voisines.

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La troisième phase des guerres de 1948, celle de l’affrontement israélo-arabe postérieur au 15 mai 1948, est à l’évidence un moment charnière dans la carrière du général Chéhab. Elle renforce une forme de légitimité charismatique acquise dès les années d’indépendance et pose le mythe fondateur de la nouvelle armée libanaise, par le biais des succès militaires effectifs ou inventés. Trois ans seulement après son accession à la tête de l’institution militaire, le général est déjà l’acteur principal d’une forme de résistance aux directives venues du plus haut sommet de l’Etat. Son nom est associé à la problématique du fonctionnement ou du disfonctionnement des institutions politiques. Dès 1946,sa méfiance à l’égard des Palestiniens s’exprime à travers une crise qui l’oppose au ministre de l’Intérieur, le sunnite Saëb Salam, favorable à la nomination d’un spécialiste palestinien pour fusionner les différents organes de commandement de l’armée libanaise. Chéhab s’y oppose catégoriquement, menace de démissionner et obtient gain de cause au motif qu’un « palestinien arabe n’avait pas plus de raison d’être un spécialiste en ces matières qu’un libanais et qu’un anglais de couverture palestinienne restait un anglais [8][8]  Armand du Chayla à Georges Bidault, 20/08/1946 in… ».

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A la veille du 15 mai, l’armée libanaise est dans un état d’impréparation presque totale. Les forces sont estimées à 3000 hommes répartis en quatre bataillons de chasseurs. Il s’agit de loin de la plus petite et de la moins équipée des armées arabes. Elle joue plus le rôle de force de police intérieure chargée de réprimer le banditisme et la culture du hachisch dans la Beqa‘ (région de Baalbek), que de force militaire offensive capable de mener une guerre contre un Etat extérieur. Ces nombreuses opérations de sécurité intérieure contraignent les troupes à d’importantes rotations, contribuant à dégarnir les rangs des soldats stationnés à la frontière avec Israël. La confessionnalisation des troupes et leur dispersion sur le territoire constituent en outre d’importants obstacles à la mise en place d’une action militaire efficace. Les maronites monopolisent les postes d’officiers et sont privilégiés par l’avancement dans la carrière. Les musulmans originaires des régions défavorisées du sud et de la Beqa‘ (surtout les chiites) forment la masse des soldats du rang, tandis que les sunnites restent encore à l’écart, comme à l’époque mandataire.

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Plusieurs jours avant les hostilités, des rapports américains montrent que le général Chéhab et ses adjoints recommandent déjà au pouvoir politique une stratégie militaire strictement défensive. Les soldats libanais reçoivent l’ordre de ne pas pénétrer en Palestine. Le commandant en chef argue de la faiblesse de ses troupes et demande au haut commandement arabe de redéfinir le rôle de son armée dans une optique défensive. Les arguments évoqués par la hiérarchie militaire pour justifier la passivité pourraient cacher en réalité d’autres considérations, dont les pressions exercées par l’Eglise maronite et la connexion maronito-sioniste. Malgré le consensus entre chrétiens et musulmans sunnites sur le principe du grand Liban de 1920 acquis après le traité franco-libanais de 1936, l’Eglise maronite entretient des relations étroites et anciennes avec le Yishouv. L’objectif est de trouver un allié local afin de renforcer la domination des chrétiens au sein d’un Liban intégré dans un environnement régional arabe majoritairement musulman. Après la Seconde guerre mondiale, la direction sioniste cherche à conclure une alliance officielle avec les maronites [9][9]  Laura Zittrain Eisenberg, “The Zionist-Maronite Alliance :…. Le 30 mai 1946, contre le cours de l’histoire et l’esprit du pacte national libanais de 1943, un improbable et anachronique traité secret est conclu entre le patriarche Arida et l’Agence juive. Les maronites reconnaissent aux Juifs le droit de créer un Etat en Palestine tandis que le caractère chrétien et indépendant du Liban est reconnu par les Juifs. La passivité et les réticences du général Chéhab à décider une intervention militaire contre Israël sont liées en partie à une double contrainte externe auquel il est soumis. Candidat adoubé par le Patriarche Antun Arida lors de son accession au commandement en chef en 1945, il doit tenir compte de l’influence des prises de positions du patriarcat et de certains grands leaders de la communauté maronite qui refusent d’attaquer Israël. Soutenu à son poste par le président Béchara al-Khoury, il doit aussi théoriquement satisfaire aux ordres de l’Exécutif (incarné par le chef de l’Etat et son premier ministre Riyad al-Suhl) soucieux de marquer la solidarité active du Liban aux côtés des armées arabes, telle que l’a définie la Ligue arabe. Cinq ans après la conclusion du Pacte national libanais de 1943, le nouveau commandant en chef est donc placé au centre d’un enjeu qui oppose les deux grands courants maronites qui ont structuré la vie politique libanaise jusqu’à l’indépendance. Le premier, à travers le patriarcat et le Bloc national d’Emile Eddé, incarne une tendance au repli communautaire, tandis que le Bloc constitutionnel de Béchara al-Khoury se montre davantage ouvert sur son environnement arabe. Cette tension pourrait expliquer en partie l’attentisme de Fouad Chéhab et sa passivité devant les ordres venus de l’Exécutif. L’importance des éléments maronites à l’intérieur du corps des officiers constitue pour la hiérarchie militaire un frein pour lancer toute offensive sur Israël. Un rapport du correspondant militaire israélien à la frontière israélo-libanaise et ceux des services secrets, montre qu’aucun soldat maronite n’aurait pénétré ultérieurement en Galilée à la différence des soldats musulmans libanais.

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Chéhab se heurte pourtant aux positions de l’Exécutif libanais. Le premier ministre Riyad al-Suhl réclame une action offensive de l’armée tandis que Béchara al-Khoury est en quête d’un soutien musulman dans sa tentative d’amender la constitution afin de renouveler son mandat. Il souhaite officiellement une implication libanaise en Palestine aux côtés des autres forces égyptienne, jordanienne, syrienne et irakienne. Son message de soutien aux soldats le 14 mai est sans ambiguïté [10][10]  L’Orient (Beyrouth), 16/05/1948. Le texte original… : Le même jour, l’état d’alerte est proclamé sur tout le territoire libanais et l’autorité militaire dirigée par Chéhab voit ses prérogatives renforcées en matière de contrôle de l’ordre public entraînant un empiettement incontestable mais provisoire du pouvoir militaire sur le pouvoir civil. Derrière un discours présidentiel public et offensif dont le but politique, le jour de la création de l’Etat d’Israël, est de faire apparaître le Liban comme un partisan à part entière de la cause palestinienne, Béchara al-Khoury finit par opter au sein d’un cercle privé pour le comportement beaucoup plus minimaliste que lui impose son commandant en chef. Le 14 mai, le jour de sa proclamation aux soldats, il se rallie en effet aux positions de Fouad Chéhab qui refuse d’attaquer au nord d’Israël. D’après des sources arabes, il y a bien existence de débats à la tête de l’Exécutif au bout desquels le chef de l’Etat libanais et son Premier ministre Riyad al-Suhl auraient fini par céder devant la ténacité des points de vue défendus par les plus hauts cadres de l’armée. Etant donné le rôle majeur attribué aux armées égyptienne irakienne et jordanienne dans l’offensive militaire, la presse libanaise de l’époque suggère d’autre part que Chéhab pouvait ignorer le plan d’attaque conjoint contre Israël fomenté par les autres armées arabes. Les troupes libanaises reçoivent l’ordre d’occuper des positions défensives le long du doigt de Galilée et de ne pas participer à l’offensive arabe prévue pour le 15 mai.

Les batailles d’al-Malikiyya : entre mythe et réalité

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Le plan arabe original d’invasion de la Palestine (approuvé par le Comité politique de la Ligue arabe le 12 mai) réclame la contribution symbolique d’un bataillon de Libanais (sur quatre au total). L’armée régulière n’aurait en réalité pas participé à cette invasion. Selon des renseignements de la Haganah, les Libanais subissent des pressions de la part de représentants français et américains à Beyrouth pour ne pas s’engager en Palestine. Le 15 mai, la jeune et fragile armée libanaise est néanmoins impliquée pour la première fois dans un conflit extérieur. Elle doit prouver à l’échelle nationale et aux Etats de la Ligue arabe sa légitimité et ses capacités. Seule une partie des effectifs (à l’image des autres Etats arabes) est impliquée à la frontière sud, soit entre 800 et 1000 hommes, ce qui représente le plus faible contingent arabe. Dans la guerre ouverte avec l’Etat hébreu, le général Chéhab trouve une formule de compromis permettant à la fois de ne pas engager activement ses soldats tout en donnant aux autres forces arabes des signes de participation de ses troupes régulières. Il semble en réalité contraint de faire quelques gestes militaires offensifs ponctuels afin de sauver le prestige de son armée et de son pays au sein de la Ligue arabe, en cas de défaite face à Israël.

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Le Liban sert, comme la Syrie, de voie de passage pour les unités irrégulières de volontaires arabes venus combattre en territoire palestinien dans le cadre de l’armée de libération arabe (ALA), créée par la Ligue arabe le 16 septembre 1947. Dirigée par Fawzi al-Qawaqji, un ancien officier d’origine syrienne issu des Troupes spéciales, l’ALA (Jaysh al-Inqadh) est entretenue et financée par l’ensemble des pays de la Ligue. Chéhab doit donc tenir compte de sa présence au Liban-sud et doit réagir aux raids israéliens en territoire libanais qui provoquent l’agitation des populations chiites du Jabal ‘Amil.

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Le village chiite d’al-Malikiyya, petite localité palestinienne de haute Galilée située sur un itinéraire stratégique à proximité de la frontière libanaise, entre la localité juive de Metulla à l’est et Ras an-Naqoura sur la côte, devient à ce titre un enjeu majeur. Situé sur un promontoire à la croisée des chemins liant la Palestine au secteur central du front libanais, ce village abandonné sur les hauteurs de la vallée du Houla constitue une porte d’entrée vers les routes menant à Acre et Nazareth. Placé initialement en territoire libanais par l’accord franco-britannique de 1920, Al-Malikiyyah est un des sept villages chiites de haute Galilée à être déplacé en Palestine mandataire après les travaux de la commission Paulet-Newcombe qui retrace les limites libano-palestiniennes de mars 1921 à février 1922 [11][11]  Asher Kaufman, “Between Palestine and Lebanon : Seven….

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Il faut distinguer trois batailles d’al-Malikiyya auxquelles l’armée libanaise a été plus ou moins directement associée le lendemain de la proclamation de l’Etat d’Israël. Les deux premières ont lieu les 15 et 28-29 mai. La troisième se déroule les 5 et 6 juin 1948. Les volontaires arabes semblent jouer un rôle majeur lors des deux premières batailles, les 15 et 28-29 mai [12][12]  Benny Morris, Victimes, Histoire revisitée du conflit… mais l’armée libanaise tend à s’approprier le bénéfice de leurs actions sur le terrain. L’état de l’historiographie sur la question montre pourtant l’existence de fortes controverses. Un courant « classique » prétend que dès le 15 mai, deux bataillons d’infanterie et une compagnie blindée libanaises ont lancé une attaque sur al-Malikiyya, plaçant ainsi indirectement Chéhab dans le rôle du général offensif [13][13]  Frederic C. Hof, Galilée divided, The Israel-Lebanon…. La prise de la localité mettait ainsi le Liban en situation de violation du plan de partage de la Palestine du 29 novembre 1947 qui attribuait le secteur au futur Etat juif. Avant le 5 juin, les rapports militaires israéliens ne mentionnent pourtant aucune force régulière libanaise dans le village chiite palestinien, à l’exception de quelques volontaires et un officier de liaison. D’après les « nouveaux historiens » israéliens, la victoire provisoire du 15 mai sur une unité du Palmah est moins le fait de l’armée libanaise, que d’irréguliers libanais, palestiniens et syriens, ayant bénéficié du soutien logistique et des mortiers des troupes régulières. La priorité du président syrien Quwatli vise d’abord à protéger la frontière syrienne et faire obstacle aux projets du roi ‘Abdallah au nord de la Palestine et beaucoup moins à éliminer les forces juives. Il tente d’utiliser l’ALA pour contrer les ambitions jordaniennes. Grâce aux volontaires arabes, al-Malikiyya aurait donc été occupé le 15 mai mais repris dès la nuit du 28 mai par la brigade israélienne Yiftah. Sur le front de Galilée, l’objectif de Ben Gourion dès le 24 mai est de frapper Beyrouth, Tyr et Sidon afin de provoquer un soulèvement chrétien dans le cadre d’un vieux projet sioniste de division communautaire visant à créer un Etat chrétien au sud Liban. Il réclame à ce titre de son état-major une offensive destinée à écraser le Liban, la Transjordanie et la Syrie.

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Chéhab semble engager alors clairement son armée pour la reconquête du village palestinien perdu, au point que les évènements des 5 et 6 juin 1948 sont présentés comme la seule réelle opération militaire libanaise dans la guerre israélo-arabe. La troisième bataille d’al-Malikiyya est à la fois pour elle une question de crédibilité, mais aussi un enjeu politique pour le Liban qui peut ainsi sauver la face, même modestement, provisoirement et symboliquement à l’égard de ses voisins arabes. Elle devient rapidement pour les officiers libanais l’acte héroïque et fondateur d’une nouvelle institution militaire qui connaît ses premiers martyrs.

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Certains historiens avancent l’idée d’un assaut coordonné avec les troupes syriennes et l’armée de secours [14][14]  Henry Laurens, La question de Palestine, t. III, Fayard,…. D’autres sources démentent toute idée de coordination des opérations dans le secteur du doigt de Galilée. D’après des documents israéliens et sous la pression du clergé maronite, Chéhab refuse la demande du ministre druze de la Défense, l’émir Majid Arslan de coopérer militairement avec la Syrie. Il s’oppose également à ce que les éléments chrétiens de sa troupe ne rejoignent les rangs de l’armée syrienne. Il n’apporte de plus aucun soutien logistique aux forces de l’ALA combattant au nord de la Galilée [15][15]  Sans se fonder sur le témoignage de Chéhab, l’historien….

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Le raid aérien syrien pour appuyer les troupes libanaises n’a finalement pas lieu et l’offensive terrestre est retardée d’environ sept heures pour débuter le 5 juin (alors quatrième jour du Ramadan) en milieu de matinée. Si la stratégie anti-hachémite du gouvernement de Damas permet à la Syrie de contrôler quelques villes au nord de la Palestine, via l’ALA, al-Malikiyya demeure le seul et ultime objectif libanais. Une fois le village reconquis par le troisième bataillon, celui-ci reçoit l’ordre de stopper toute offensive plus au sud de la Galilée [16][16]  Maan Abu Nowar, The Jordanian-Israeli war (1948-1951),…. Moins d’une semaine avant la première trêve de la guerre israélo-arabe (du 11 juin au 9 juillet), l’attaque des 5 et 6 juin doit donc constituer pour Chéhab appuyé par l’Exécutif, l’unique contribution militaire significative du Liban à la guerre de Palestine. Soucieux de préserver son armée naissante, le commandant en chef n’a ni la volonté, ni la possibilité de poursuivre plus loin l’offensive au risque de voir disloquer ses troupes.

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Al-Malikiyya représente en réalité à bien des égards une somme de concessions militaires et politiques acceptables pour des acteurs libanais aux intérêts divergents opposant les tenants d’une solidarité libanaise active avec les Palestiniens et une communauté maronite plus prompte à ménager l’Etat hébreu. Les ordres donnés par Chéhab à son armée sont en partie le résultat délicat de ce compromis. Il n’est pas impossible de voir aussi dans l’attitude des cadres militaires maronites, des réticences à livrer combat en faveur de villages chiites initialement intégrés par le général Gouraud dans les frontières du Liban de 1920 et ce, malgré les recommandations de la communauté chrétienne et du patriarcat.

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Du côté israélien, la perte du village n’est pas considérée comme une menace stratégique de premier plan. En outre, cette bataille n’a, au plus, engagé qu’un très petit nombre d’hommes, 436 soldats libanais du troisième bataillon [17][17]  Edgar 0’Balance donne le chiffre plus important de 800 soldats…. Avec la reconquête des 5 et 6 juin, l’armée libanaise trouve surtout son mythe fondateur et un facteur durable de cohésion en glorifiant une victoire qui n’a pas probablement été aussi difficile à obtenir, d’autant que les irréguliers arabes, appuyés par l’artillerie libanaise, semblent y avoir joué encore un rôle déterminant. Les sources militaires libanaises avancent le chiffre de 92 à 100 tués parmi les soldats israéliens alors que la réalité semble nettement inférieure (8 morts). L’écho magnifié de la bataille a pour conséquence immédiate de rejaillir indirectement sur l’image et la stature du commandant en chef. Celui-ci observe à la frontière les opérations militaires et ne semble jamais être allé physiquement jusqu’à al-Malikiyya contrairement à la présentation qu’en font certains hagiographes [18][18]  Wakim bu Lahdu, Fouad Chéhab, al qa’id wa al ra’is,….

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Les déclarations de Radio Beyrouth et la presse libanaise applaudissent pourtant ce qui est considéré comme la contribution héroïque du Liban à l’effort de guerre des Etats arabes. Il s’agit probablement plus d’une manœuvre destinée à prévenir les critiques à l’encontre d’une non-participation libanaise à l’invasion de la Palestine. Le 9 juin, Béchara al-Khoury, fraîchement réélu à la présidence le 27 mai, après un amendement constitutionnel, se rend à Bent Jbeil à la frontière libano-palestinienne et félicite Fouad Chéhab « pour la tenue des troupes et leurs derniers succès sur le champ de bataille de Malkieh [19][19]  L’Orient (Beyrouth), 10/06/1948. ». Des médailles commémoratives sont remises aux soldats de la 3eme Compagnie. Chéhab devient ainsi le premier représentant d’une nouvelle catégorie d’officiers, celles des héros d’al-Malikiyya dont la participation effective à la guerre de Palestine, n’aura duré que cinq jours (du 5 au 9 juin).

Chef de guerre arabe ou chef de guerre libanais ?

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Dix jours après la conclusion de la deuxième trêve, une conférence militaire se tient au Liban le 29 juillet en présence des généraux irakien et syrien qui proposent au général Chéhab d’assumer le commandement du front nord dans la guerre de Palestine. D’après l’attaché militaire français, ce dernier décline l’offre arguant dans un premier temps de l’impossibilité pour lui de diriger des troupes autres que libanaises et de surcroît syriennes (formées essentiellement d’alaouites et de sunnites) [20][20]  Note (secrète) établie par le capitaine Clerc au sujet…. Son attitude participe ainsi pleinement à l’absence (ici au refus) de coordination des armées arabes dans la guerre qui démarre à partir du 15 mai avec Israël : Sa méfiance à l’égard de l’armée syrienne relève officiellement de l’argument de la déloyauté et de l’incompétence des forces militaires dont Quwatli a héritées du mandat français.

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L’hostilité à l’égard d’un commandement militaire intégré avec la Syrie représente aussi une charge symbolique forte dans le contexte d’une guerre qui est aussi en grande partie une lutte politique inter-arabe. En Syrie, Shukri al-Quwatli choisit pendant le conflit la fidélité à la Ligue arabe dans le but prioritaire de contrer les ambitions hachémites en encourageant notamment l’organisation de l’armée de libération arabe en territoire syrien. Au Liban, Chéhab parvient à imposer au pouvoir civil le refus de tout commandement militaire intégré arabe à travers lequel resurgissent les projets de Grande Syrie nourris par certains officiers syriens proches d’‘Abdallah. Le général libanais craint probablement pour le maintien de son autorité et se place ainsi d’abord en chef de guerre libanais et beaucoup moins en chef de guerre arabe. Il se méfie d’autre part de Fawzi al-Qawaqji avec qui il semble avoir des contacts fréquents, qu’il conseille même sur le plan de la stratégie militaire, mais dont il critique les agissements et les erreurs tactiques.

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L’absence de soutien libanais et syrien à l’armée de libération a pour conséquence d’alimenter le sentiment de trahison et de frustration du chef de l’ALA. Dès l’automne 1948, ce dernier tente un rapprochement avec des officiers syriens et libanais du Parti social nationaliste syrien (PSNS) dans le but de renverser les gouvernements de Damas et de Beyrouth et mettre en place une Grande Syrie. La reprise des hostilités après la rupture de la deuxième trêve (du 19 juillet au 18 septembre) permet aux forces israéliennes de reconquérir le nord de la Galilée et de reprendre définitivement le village d’al-Malikiyya lors de l’opération Hiram lancée à partir du 29 octobre 1948 . A cette occasion, l’armée israélienne dépasse la frontière libanaise, s’avance jusqu’au Litani et occupe 14 villages vidés de leurs habitants. Les tentatives de négociations de paix avec Israël menées dès l’été 1948 par des notables des villages chiites de haute Galilée ne sont pas parvenues à éviter leur destruction, le massacre de populations et le départ des survivants vers le sud-Liban.

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La modération imposée par Chéhab à ses troupes n’est probablement pas sans conséquences sur le faible engouement des sunnites libanais à célébrer la fête de l’indépendance le 22 novembre 1948. Cette année là, les cérémonies ne suscitent aucun enthousiasme à Tripoli malgré des tracts envoyés dans la ville côtière du nord par le gouvernement de Beyrouth afin de susciter sympathie et fidélité à l’Etat libanais. D’après le consul de France, beaucoup de tracts sont même ostensiblement déchirés par les tripolitains.

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Le 23 mars 1949, les accords d’armistice de Ras an-Naqura entre le Liban et Israël prévoient qu’aucun élément militaire ou paramilitaire terrestre, maritime ou aérien ne doit mener un quelconque acte de guerre contre le camp voisin. Une ligne de démarcation qui devra suivre la frontière internationale entre le Liban et la Palestine est établie autour de laquelle ne pourront être postées que des forces défensives. Avec le soutien de la France et les pressions du médiateur de l’ONU Ralph Bunche, les forces israéliennes installés au Liban depuis l’opération Hiram se retirent donc du territoire. Les effectifs militaires libanaise et israéliens sont limités à 1500 hommes des deux côtés de la ligne d’armistice.

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Malgré la fragilisation des positions militaires libanaises au Liban-sud, la guerre de Palestine apporte incontestablement un surcroît de prestige au commandant en chef de l’armée. Pour avoir dirigé les troupes et les forces subordonnées dans la campagne de Palestine du 14 mai 1948 au 21 mars 1949, le général Chéhab est le premier commandant en chef libanais depuis l’indépendance à recevoir la médaille commémorative palestinienne. Son nom est associé qui plus est à une victoire militaire contre l’Etat hébreu nouvellement proclamé le 14 mai 1948. Il en tire alors un prestige durable et une légitimité charismatique dont aucun de ses successeurs n’ont pu se targuer. Cet élément souvent négligé constitue un facteur important pour expliquer son parcours politique ultérieur. Son attitude minimaliste en 1948 inaugure du reste l’attitude de neutralité dont fera preuve son armée lors des crises politiques de 1952 et de 1958. La guerre de Palestine lui fournit en outre plusieurs opportunités. Au moment où dans les autres Etats arabes, des commissions d’enquêtes parlementaires concluent, après le désastre militaire, à l’inefficacité des armées (notamment en Egypte, en Irak ou en Syrie ou le commandant Husni Zaïm est pointé du doigt par le président Shukri al-Quwatli) et portent le discrédit sur le fonctionnement du pouvoir politique, la guerre de 1948 semble avoir un effet inverse au Liban. Le prestige de l’armée et de son chef en sort paradoxalement renforcé car pleinement reconnu par le pouvoir civil. Les tensions réelles entre Chéhab et l’Exécutif n’ont pas occasionné de crise politique majeure d’après guerre, alors que la défaite affaiblit considérablement la monarchie égyptienne ou le pouvoir syrien. Au moment ou la Syrie inaugure en 1949 l’ère des premiers coups d’Etat au Moyen-Orient, Chéhab voit sa carrière s’accélérer dans le maintien du cadre républicain libanais. Il est en effet officiellement promu général de division (trois étoiles) le 1er août 1949, soit près de quatre mois après le renversement du régime de Quwatli à Damas, le 30 mars. Il apparaît surtout dès cette époque, et bien avant son élection à la présidence de la République en 1958, comme un stratège, un meneur de troupes et déjà un personnage clé de la scène politique libanaise. ?

Notes

décembre 2007

[1]

Voir à ce sujet l’absence d’analyses sur le cas libanais dans l’ouvrage de Rogan (Eugene L) et Shlaïm (Avi), La guerre de Palestine, derrière le mythe 1948, Autrement, 2002. Le front libanais est très peu évoqué du reste par Ilan Pappé in La guerre de 1948 en Palestine, La Fabrique Editions, 2000.

[2]

Sean Foley, “It would surely be the second : Lebanon, Israel, and the arab-israeli war of 1967”, Middle East Review of International Affairs (MERIA), vol 9, n° 2 (june 2005), pp. 44-56.

[3]

Voir par exemple le deuxième tome des mémoires en arabe de Fawzi al-Qawaqji, Filastin fi mudhakkarat Fawzi al-Qawaqji 1936-1948 (la Palestine dans les mémoires de Fawzi al-Qawaqji, vol. II, Beyrouth, 1975.

[4]

En grande partie à l’initiative de l’historien israélien Oren Barak, “Commemorating Malikiyya, Politival myth, multiethnic identity and the making of the Lebanese army”, History and Memory, Indiana University Press, vol.13, n°1, spring : summer 2001, pp. 68-84 et de l’historien britannique Matthew Hugues, “Lebanon’s armed forces and the arab-israeli war, 1948-1949”, Journal of Palestine Studies, vol XXXIV, n° 2 (winter 2005), pp. 24-41.

[5]

Arif al-‘Arif, Al-Nakbat, Beyrouth, Sayda, t. II, p. 363.

[6]

L’historiographie arabe a longtemps ménagé la responsabilité des armées pour fustiger celle des politiques, voir à ce sujet Fawaz A. Gerges, « L’Egypte et la guerre de 1948 : conflit interne et ambition régionale » in Eugene L. Rogan et Avi Shlaïm, La guerre de Palestine, derrière le mythe 1948, Autrement, 2002, pp. 149-160.

[7]

Ministère des Affaires Etrangères (Nantes), Série B (ambassade), carton 42 (dossier nominatif (n° 1641) sur le Colonel CHEHAB).

[8]

Armand du Chayla à Georges Bidault, 20/08/1946 in MAE (dossier Syrie-Liban (Nantes), carton 762, inventaire n° 7, 1er versement).

[9]

Laura Zittrain Eisenberg, “The Zionist-Maronite Alliance : pressure to produce results” (chap. V) in My enemy’s enemy : Lebanon in the early Zionist imagination, 1900-1948, Wayne State University press, Detroit, 1994, pp. 117-146.

[10]

L’Orient (Beyrouth), 16/05/1948. Le texte original en arabe est reproduit à la Une du quotidien libanais.

[11]

Asher Kaufman, “Between Palestine and Lebanon : Seven Shi‘i villages as a case study of boundaries, identities and conflict”, MEJ, vol 60, n° 4 automne 2006, pp. 689-691.

[12]

Benny Morris, Victimes, Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, IHTP, CNRS, Editions Complexe, 2003, pp. 257-.258.

[13]

Frederic C. Hof, Galilée divided, The Israel-Lebanon frontier 1916-1984, Westview press, Boulder and London, 1985, p. 53.

[14]

Henry Laurens, La question de Palestine, t. III, Fayard, 2007, p. 107.

[15]

Sans se fonder sur le témoignage de Chéhab, l’historien Matthew Hugues a récemment remis en cause la thèse de l’attaque coordonnée in Hugues, opus cité, p. 28.

[16]

Maan Abu Nowar, The Jordanian-Israeli war (1948-1951), Ithaca press, 2002, p. 156.

[17]

Edgar 0’Balance donne le chiffre plus important de 800 soldats libanais impliqués in The Arab-Israeli War 1948, London, Faber and Faber, 1956, p. 113.

[18]

Wakim bu Lahdu, Fouad Chéhab, al qa’id wa al ra’is, Ann Arbor, 1996. La photographie figure en annexe non paginée

[19]

L’Orient (Beyrouth), 10/06/1948.

[20]

Note (secrète) établie par le capitaine Clerc au sujet d’un entretien du 30/07/1948 avec le Général Chéhab in MAE (Nantes), Série B, 42, dossier colonel Chéhab.