Mercredi 3 février 1988: Jacques Merrin a été abattu par balles dans le secteur du Palais de Justice. Le français assassiné hier, un homme de l’ombre de la DGSE, Chirac: « Situation dramatique au Liban en raison d’initiatives souvent venues de l’extérieur » (L’Orient-Le Jour)

Revue de presse de 1975 à 1990

L’assassinat hier de Jacques Merrin se démarque des tragédies qui jusque-là ont frappé les français du Liban (rapts mais aussi assassinats) par son côté guerre de l’ombre. La victime était en effet, comme Paris l’a reconnu, un agent secret. Officiellement un cadre des renseignements rattaché à la DGSE.

C’est donc hier à 13h que le ressortissant français Jacques Merrin (30 ans) a été tué de trois balles dans la tête dans le secteur du Palais de Justice à l’Est de Beyrouth. L’ambassade de France a indiqué que la victime était un représentant de commerce mais des sources bien informées à Paris citées par l’AFP ont aussitôt affirmé que Merrin était un agent de la DGSE.

Aucune indication n’avait pu être obtenue de même source en soirée quant aux fonctions exactes de cet agent au sein de la DGSE. Son nom, a-t-on juste précisé de même source, est Jacques Merrin et non Jacques Meurant comme indiqué précédemment.

Selon les organes de presse proches des FL, la victime aurait été chef adjoint de la DGSE pour le Liban et sortait du bureau du directeur de la Sûreté Générale libanaise au moment de l’attentat.

Le passeport de la victime mentionne comme profession celle de représentant de commerce dans l’industrie du tabac. Un porte-parole de l’ambassade de France à Beyrouth avait affirmé dans la journée qu’il séjournait souvent au Liban à ce titre.

L’assassinat:

Selon un commerçant interrogé par l’AFP, Merrin était assis au volant de sa BMW garée, dans laquelle il venait de monter. Deux hommes d’allure jeune sont descendus d’une 504 parquée à proximité et ont tiré sur lui à bout portant. Ils ont ouvert la portière de la BMW et le corps de Merrin a glissé sur la chaussée, a ajouté ce commerçant.

La police a indiqué que Merrin avait été atteint de trois balles dans la tête et que les projectiles avaient été tirés par un revolver muni d’un silencieux. Merrin a été transporté à l’hôpital de l’Hôtel-Dieu de France, proche du lieu de l’attentat, a précisé la police qui en a interdit l’accès. Selon les derniers éléments de l’enquête, l’assassinat a été mené par des professionnels.

Il s’agit du troisième attentat en trois mois contre des français dans le secteur Est de Beyrouth, réputé sûr, et où habitent la grande majorité des 6000 français qui vivent au Liban. Ceux qui demeuraient dans le secteur Ouest de Beyrouth l’ont quitté après la vague d’enlèvements visant les étrangers.

Rappelons que deux gendarmes français ont été tués et un 3e gravement blessé le 29 octobre, à Dora, par deux hommes armés qui les ont attaqués alors qu’ils effectuaient des achats dans un magasin. Cet attentat avait été revendiqué par un interlocuteur anonyme se réclamant de l’ASALA (Armée Secrète Arménienne de Libération de l’Arménie). Une source proche de l’ASALA a par la suite démenti toute implication dans cette affaire.

Le 11 novembre, un ingénieur français, Richard Gimpel, a également été abattu par trois hommes armés qui avaient pris sa voiture en chasse sur une autoroute au Nord de Beyrouth.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s