Frégate Montcalm

Frégate Montcalm

Composante de la Force d’Action Navale, la frégate Montcalm est spécialisée dans la lutte anti-sous-marine, mais sa polyvalence lui permet de remplir des missions de défense des approches maritimes, de présence et d’escorte en haute mer. C’est la troisième de la série des frégates type Georges Leygues.


La frégate Montcalm en Méditerranée (mars 2001).

Mise sur cale le 5 décembre 1975, lancée le 31 mars 1980, entrée en service le 28 mai 1982, elle estbasée à Toulon depuis le 7 juin 1982. C’est unbâtiment à équipage mixte depuis le 6 septembre 1993.

Liban, guerre du Golfe, ex-Yougoslavie, … son histoire est intimement liée aux crises régionales qui ont secoué le monde depuis 30 ans.

Elle fait ses premières armes le long des côtes libanaises à 8 reprises de l’été 1982 à l’été 1986 (missions Olifant), puis participe en 1990 et 1991 au contrôle de l’embargo à l’encontre de l’Irak pendant la guerre du Golfe.

Le Montcalm arrive le 7 juin à Toulon, la 3e région maritime et l’Escadre de la Méditerranée l’accueillent officiellement. Le bâtiment est intégré à la première division de corvettes qui comprend également le Dupleix et le Georges Leygues.

La veille, l’armée israélienne avait pénétré au Sud-Liban. Cette opération, baptisée « Paix en Galilée », qui se conclut dans un premier temps par l’encerclement de Beyrouth, va êtrele détonateur d’un long conflit au Proche-Orient et qui verra le Montcalm enchaîner jusqu’en 1986 les missions Olifant, de présence en Méditerranée Orientale et de soutien aux militaires français et au corps diplomatique à Beyrouth.


Des invités de marque au carré commandant, l’AL de Gaulle et le VAE Brac de la Perrière aux cotés du CV Bonbon (juin 1982).

Le 11 juin, a lieu la prise de commandement du Montcalm et de la 1ère division de corvettes (créée le jour même) par le capitaine de vaisseauGuy LabouérieUne heure après la prise de commandement (!)le bâtiment part pour sa première mission opérationnelle (Olifant I) d’évacuation d’une partie des ressortissants français du Liban. C’est, avec le BDC Argens, le premier bâtiment français sur zone après l’ouverture du feu par les Israéliens. Il rentre à Toulon le 21 juillet après une série d’escales à Larnaka.

De juin à septembre, la France participe à la mise en place de la Force Multinationale d’Interposition (FIB) qui se retire du Liban le 13 septembre. L’assassinat du président Béchir Gemayel, et la répression qui suit (massacres des camps de Sabrah et Chatila) impose le retour d’une Force Multinationale de Sécurité (FMSB) pour restaurer l’ordre civil.

Le 23 septembre, un protocole d’accord entre les ministères de la Défense Nationale et de l’Education Nationale est signé à bord du Montcalm, alors devant Cavalaire, par monsieur Charles Hernu, ministre de la Défense et monsieur Alain Savary, ministre de l’Education Nationale, en présence du chef d’état-major des armées et des CEM de la Marine, de l’armée de l’Air, de l’armée de Terre.

Mais l’équipage de la corvette et son commandant ont d’autres choses en tête ce jour là… Le soir même, à 20h00, le Montcalm quitte Toulon pour le Liban.


Des membres de l’équipage de la corvette Montcalm à Beyrouth (1984).

De septembre jusqu’en août 1983, après le déploiement du contingent français de la FMSB, assuré par l’Argens, escorté du D’Estrées, le soutien des troupes à terre est effectué par une seule frégate. Le Montcalm assurera, dans ce cadre, la mission Olifant VI (23 septembre au 2 novembre), avec une série d’escales à Larnaka et Beyrouth.

1983 : Guerre au Liban

Au Liban, la situation politique est favorable au gouvernement de M.Amin Gemayel jusqu’à la signature, le 17 mai, du traité israelo-libanais. Le retrait israélien des abords de Beyrouth provoque un assaut général des milices islamiques, soutenues par la Syrie et la Lybie, pour occuper le terrain libéré. La France renforce son dispositif à terre et dépêche un important groupe aéronaval (12 bâtiments – 96000 tonnes). Le Montcalm participe ainsi à la mission Olifant XIII (28 mars au 1er juin), avec une série d’escales à Larnaka,BeyrouthJounieh, et, sur le chemin du retour, Ajaccio (31 mai).

A partir du mois d’août, le contingent français de la FINUL, réparti en de multiples postes d’observation contrôlant le centre ville et le port de Beyrouth, va subir de multiples attaques de la part des milices islamiques. La Task Force 452, croisant au large, attaquera une première fois le 22 septembre pour réduire une batterie syrienne par Super-Etendard sur les hauteurs de Beyrouth.


Le général Aoun, chef d’état-major de l’Armée libanaise et monsieur Graeff, ambassadeur de France, à bord du Montcalm à Beyrouth (1984).

Le Montcalm quitte à nouveau Toulon le 1er septembre, intégré à la TF452, pour une mission Olifant XVII, avec encore de nombreuses escales à Larnaka, et enchaîne, à partir du 6 octobre, par la mission Olifant XVIII, avec une escale sur le retour en France à Athènes (25 au 29 octobre) et le passage du canal de Corinthe (29 octobre).

Le Montcalm est de retour à Toulon le 31 octobre. Au cours du commandement du CV LABOUERIE, le Montcalm aura touché 22 fois le port de Larnaka.


1983 : Le CV Albatro, commandant le Montcalm

Peu avant que le bâtiment quitte la zone Liban, a lieu l’attentat de l’immeuble Drakkar, le 23 octobre, qui cause la mort de 58 parachutistes français. La TF452 répliquera le 17 novembre en détruisant la caserne de Cheikh Abdallah à Baalbeck.

Une dernière escale à Marseille (1er décembre) a lieu quelques jours avant la prise de commandement, le 9 décembre, du capitaine de vaisseauGeorges Albatro.

Quelques jours après, le 15 décembre, le Montcalm quitte à nouveau Toulon, toujours intégré à la TF452, pour la missionOlifant XIXCette mission comprendra l’opération Anabase (19 au 21 décembre) d’évacuation de Yasser Arafat et de ses troupes assiégées à Tripoli par les forces syriennes.

Puis, du 29 janvier au 2 février 1984, le Montcalm participe à la relève du contingent français de la Force Multinationale de Sécurité à Beyrouth. Le bâtiment est de retour à Toulon le 7 février.

Du 8 février au 29 mai 1984, le bâtiment subit sa première IPER (Indisponibilité Pour Entretien et Réparations) et reçoit en particulier les infrastructures de télécommunications navales Syracuse.

Pendant ce temps au Liban, face à la dégradation de la situation et à l’impossibilité pour la FMSB de remplir son contrat, les Américains et les Italiens se retirent en février, les Français en mars ayant à déplorer la perte de 80 soldats, du Lynx 277 et de son équipage. Le groupe aéronaval rejoint Toulon fin avril après 8 mois de présence sur zone.


Le Montcalm à Venise (19 octobre 1984).

De 1985 à 1986, Beyrouth est au coeur d’une guerre permanente entre les diverses factions libanaises : PSP, Amal, Palestiniens, Phalangistes, Forces Libanaises. Au milieu de cette situation inextricable, ont trouve pêle-mêle, les observateurs français de l’ONU (50 observateurs envoyés sur demande du gouvernement libanais), les forces françaises de la FINUL à Nakoura, et plusieurs otages français détenus au Liban…

L’année commence par un départ, le 3 janvier, pour une nouvelle mission au Liban, Olifant XXVI. Le Montcalm continue d’assurer une présence au large et d’apporter son soutien au personnel militaire et diplomatique isolé à Beyrouth par la fermeture de l’aéroport international et les menaces terroristes. Le bâtiment accueillera le chef d’état-major des Armées le 20 janvier, puis fera escale à Larnaka (une douzaine d’escales entre décembre 1984 et mars 1985), Alexandrie (5 au 8 février), Jounieh (4 au 6 mars), avant d’être de retour à Toulon le 19 mars.

Du 16 novembre 1985 au 17 janvier 1986, le bâtiment est à nouveau engagé dans une mission Olifant XXXI en Méditerranée Orientale avec toujours de nombreuses escales techniques à Larnaka.

Une nouvelle mission Olifant XXXIV en zone Liban jusqu’au 31 juillet 1986, date du retour à Toulon. En Olifant XXXI et XXXIV, le bâtiment aura fait 16 escales techniques à Larnaka et une escale à Papos(Chypre – 26 juillet).

1989: une mission Capselle au large du Liban du 15 septembre au 15 octobre, avec 3 escales à Larnaka.

Une mission Orque au large du Liban du 30 novembre 1989 au 6 janvier 1990, avec 4 escales à Larnaka.

En 1994 et 1995, elle effectue plusieurs déploiements en Adriatique, dans le cadre de l’opération Sharp Guard de contrôle de l’embargo contre la Serbie et le Montenegro.

La frégate Montcalm est parrainée par la ville de Nîmes depuis le 8 juin 1985.

Le 15 juillet 2006, à la suite de l’enlèvement par les chiites libanais du Hezbollah de deux soldats israéliens et de la mort de trois autres dans la même attaque,Israël lance une offensive aérienne et maritime au Liban d’une ampleur sans précédent depuis 1996. Un blocus général est opéré. Comme en 1982,une noria va s’établir entre Larnaka (Chypre) et Beyrouth pour évacuer les ressortissants. La marine française met en place des moyens maritimes importants dans le cadre de l’opération Baliste :

La frégate Montcalm, en alerte depuis le 3 août, quitte Toulon le 6 août, pour assurer la relève sur zone de la frégate Jean de Vienne.

Le Montcalm quitte Toulon le 28 mars 2008, pour participer à la mission Impartial Behaviour (contrôle du trafic marchand en direction du Liban) sous mandat onusien. Le 28 mars, le Montcalm tire deux missiles pour entraînement, un Crotale et un Mistral. Du 28 mars au mercredi 2 avril, le Montcalm accueille à son bord M. Wittner, rédacteur en chef du site Internet de France Info. La frégate prend la relève du Courbet à la mer le 2 avril puis relâche à Limassol (2 au 5 avril). Le 8 avril, cinq marins du Montcalm (électriciens, mécaniciens et détecteur) sont envoyés par hélicoptère à Beyrouth pour aider à l’entretien des Embarcations de Débarquement d’Infanterie et de Chars (EDIC) libannais. D’autres escales ont lieu à Beyrouth (12 au 17 avril), Limassol(Chypre), Mersin (Turquie – 23 au 28 avril) puis à nouveau Beyrouth (2 au 6 mai), Limassol (14 au 16 mai). L’escale de Mersin est à remarquer, car depuis plusieurs mois, aucune escale de bâtiment en Turquie n’avait eu lieu suite au refroidissement des relations diplomatiques avec la France lié au contentieux sur l’intégration européenne.

Parti le 19 mai de Toulon, le La Fayette prend la relève du Montcalm, le 27 mai 2008, au sein de la TF 448, sous mandat de l’ONU, au large du Liban. LeMontcalm rentre à Toulon le 12 juin, après une escale de 5 jours à Haïfa (Israél). Le 9 juin 2008, après avoir quitté Beyrouth, le Montcalm est sur la route du retour vers la métropole.

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