Les cavaliers du Levant et leurs insignes (Jacques Sicard)

Revue de presse de 1945 à nos jours, Unités françaises engagées au Liban (1860-2012)

Armes Militaria Magazine numéro 68 (mars 1991) [p. 46 à 51] et numéro 69 (avril 1991) [p. 47 à 51]

 

Les cavaliers du Levant et leurs insignes (Jacques Sicard)

 

En acceptant, en 1920, la mission de mandat sur la Syrie et le Liban, les autorités françaises s’engagent devant la Société des Nations (SDN) à former progressivement les forces armées de ces deux pays.

 

Levée à partir de 1918, la Légion syrienne est intégrée aux troupes auxiliaires du Levant – devenues troupes spéciales du Levant – qui constitueront le noyau de ces futures armées libanaise et syrienne. Le présent chapitre traitera de la cavalerie des troupes d’Afrique présentes dans ces Etats et des escadrons des troupes spéciales recrutés localement.

Des cavaliers venus d’Afrique

 

A la fin de 1917, quatre escadrons prélevés sur les régiments d’Afrique du Nord (4e RCA, 4e RST et 1er RSA) forment un régiment de marche qui va opérer en Palestine aux côtés de l’armée britannique, dans le cadre du détachement français de Palestine-Syrie (DFPS). Il devient, en mars 1919, le 1er régiment mixte de marche de cavalerie du Levant (1er RMMCL) puis le 1er régiment de cavalerie du Levant (1er RCL) en 1921.

Un second régiment (formé avec quatre escadrons issus du 5e RCA, du 1er RSA et du 4e RST) le rejoint en mai 1919. C’est le 2e RMCL, devenu le 2e RCL en 1921.

En avril 1920, un 3e RMCL est créé avec quatre escadrons issus des 3e, 5e, 6e RSA et du 3e RCA.

Entre-temps, un autre régiment de marche, issu du 3e régiment de spahis de Constantine, a été formé le 1er janvier 1919. Embarqué à Bizerte, il débarque à Constantinople en juillet, opère en Thrace et en Bulgarie puis part au Levant où il devient, en novembre 1920, le 11e régiment de spahis, à Alep. Il sera dissous en mars 1922.

Le 3e RCL est dissous en février 1922 et ses escadrons rejoignent leur régiment d’origine. Dissous à leur tour le 15 septembre 1922, les deux autres RCL entrent dans la formation du 12e régiment de spahis tunisiens qui prend la place du 11e spahis dissous.

Ce 12e régiment, stationné à Deraa, Damas et Beyrouth, prend, en janvier 1929, le numéro 5. Réduit à deux escadrons, le 5e RST forme, en mars 1933 à Damas, le 3e groupe d’escadrons du 4e RST (le 4e RST tient garnison à cette époque en Tunisie, à Sfax et à Gabès).

Le 6e RSA, qui est en occupation en Allemagne depuis 1923, débarque au Maroc en août 1925. Deux mois et demi plus tard, il embarque pour le Levant. Il y restera deux ans avant de venir en garnison à Compiègne. Son séjour a été tristement marqué par la perte de son chef de corps, le lieutenant-colonel Ving, tué le 20 juillet 1926.

Le régiment de marche de spahis marocains qui, depuis 1917, a participé aux opérations de l’Armée d’Orient en Grèce, en Albanie, en Serbie, en Hongrie, en Bulgarie et en Thrace, arrive à Constantinople en mars 1920. Transféré en juin à Beyrouth, il est dénommé successivement 1er RMSM, 21e RSM et enfin 1er RSM (janvier 1929).

N’oublions pas enfin que deux escadrons du 1er REC (4e puis 1er) se sont couverts de gloire en Syrie, entre 1925 et 1927, notamment à Messifré et à Rachaya.

Entre 1933 et 1939, il ne reste donc plus qu’un régiment et demi de spahis au Levant. Pour compenser ce vide, le commandement a procédé au recrutement d’escadrons autochtones. D’abord désignés gendarmes, gardes mobiles ou miliciens, ils prennent, en 1925, le nom d’escadrons légers du Levant.

Ces partisans qui touchent une solde relativement élevée pour le pays doivent pourvoir à leurs besoins et être notamment possesseurs de leur monture. Seul l’armement est fourni par la France. La multiplicité des ethnies implantées au Moyen-Orient va amener une diversité d’escadrons ayant chacun sa propre particularité. On trouvera donc des escadrons Druzes et Tcherkesses, ces deux groupements étant les plus importants, mais aussi des escadrons alaouites (ou ismaéliens), kurdes, hauranais, tchétchènes, et aussi des chasseurs à cheval libanais. Leurs uniformes variés permettent de les différencier. L’encadrement est fourni par des officiers et sous-officiers des régiments de spahis sur place ou détachés des régiments d’Afrique du Nord.

Les escadrons de ligne du Levant

 

En 1920, la légion syrienne intègre les différentes milices constituées depuis l’année précédente, ce qui permet la formation en 1922, de trois régiments mixtes comprenant chacun deux bataillons d’infanterie et un ou deux escadrons de cavalerie. Ces régiments se disloquent pour former, le 1er janvier 1926, six bataillons d’infanterie dits « Bataillons du Levant » (BDL) et quatre escadrons autonomes dénommés « escadrons de ligne du Levant ».

Ils opèrent d’abord sur les territoires Sud-Syrie et Nord-Syrie. Mais les deux premiers sont dissous en 1934. Seuls subsistent les 3e et 4e ELL basés alternativement à Homs et à Hama qui constituent le « groupement de cavalerie de ligne du Levant » (1er mai 1939). Il assure notamment la surveillance de la mouvance bédouine et un peloton spécial d’automitrailleuses (PSAM numéro 1) lui est rattaché. Il subsiste jusqu’en 1946.

Les cavaliers des escadrons de ligne portent comme coiffure le chèche kaki (tenue de service) ou le keffieh en soie blanche avec l’aghal noir (tenue de sortie). Leurs effets sont les mêmes que ceux des cavaliers français servant sur un TOE : vareuse et pantalon-culotte en drap kaki, manteau de cavalerie et effets de toile kaki clair (vareuse, culotte, gandourah).

Les 3e et 4e escadrons portent sur la vareuse, sous le ceinturon-baudrier saharien réglementaire, la ceinture de laine rouge frangée à liteaux blancs et bleus des troupes de cavalerie d’Afrique. Les pattes de collet sont en drap bleu ciel avec deux soutaches. Le numéro de l’escadron est inscrit dans un croissant violet. Les galons sont argentés, ou jonquille pour la troupe.

Les képis des officiers (et des sous-officiers supérieurs) français ont un bandeau bleu ciel. Ceux des officiers autochtones portent sur le dessus une hongroise de fond à cinq branches, au lieu des quatre habituelles.

Les escadrons druzes

 

Animés d’un farouche esprit d’indépendance, les populations druzes sont les plus guerrières des Etats du Levant. Leur secte, détachée de l’Islam dès le Xe siècle, n’a jamais accepté l’autorité des maîtres successifs du Moyen-Orient. Retirés dans une région volcanique et rocheuse, inhospitalière et tourmentée, ils ont résisté aux turcs qui ne réussirent pas à s’installer dans leur territoire, le Djebel Druze.

La France, qui avait reconnu leur indépendance, dut pourtant, en 1925-1926, combattre leur rébellion. Soueïda, leur capitale, tombe entre nos mains le 25 avril 1926. Mais leur rivalité intertribale a facilité le recrutement d’auxiliaires à notre solde. Deux escadrons (dénommés à l’origine gardes mobiles) sont créés. Ce chiffre est porté, quelques mois plus tard, à six. Employés d’abord isolément aux opérations de pacification, ils forment, le 1er janvier 1927, le « groupement druze » qui contribue à briser les dernières résistances et à pacifier – pour combien de temps ? – le Djebel. Ils seront employés, par la suite, à la garde de la frontière avec la Transjordanie ou au maintien de l’ordre dans les grandes villes, comme Damas, ainsi qu’à la lutte contre les rezzous aux confins de l’Euphrate.

En 1936, un peloton méhariste est créé au sein du groupement, mais le 6e escadron est dissous le 1er mai 1938.

Les escadrons druzes prennent part aux combats de juin-juillet 1941 au sein des forces restées fidèles au maréchal Pétain puis, en novembre 1941, après la dissolution de la Légion druze anglaise, quatre nouveaux escadrons légers sont créés, portant à neuf le nombre de leurs escadrons. Ils seront transférés à la nouvelle armée syrienne en 1946.

La coiffure des druzes est le keffieh en coton tissé blanc à carreaux rouges. Le keffieh de parade est en soie rouge vif bordé, sur le côté, de bandes de largeur décroissante verte, blanche ou noire. Les officiers portent le keffieh blanc avec l’aghal noir habituel.

La gandourah est portée en tenue courante et en campagne avec le baudrier saharien. L’hiver, les druzes porte l’abaya, qui est un vaste vêtement non ajusté, en laine unie ou à rayures, en général marron.

Les pattes de collet sont comme leurs fanions, aux couleurs de l’escadron : bleu-clair (1er), rouge (2e), vert (3e), bleu foncé (4e) et noir (5e) avec le chiffre de l’escadron surmonté d’une étoile à cinq branches évidée et deux soutaches en fil doré.

Les escadrons Tcherkesses

 

La race Tcherkesse implantée en Circasie (partie occidentale et montagneuse du Caucase) a longtemps lutté contre la politique expansionniste de la Russie. Pour échapper aux influences extérieures, les tribus durent abandonner les vallées pour les hauteurs. Après l’annexion de la Géorgie par la Russie, elles opposèrent, de 1829 à 1878, une vive résistance aux armées tsaristes. Après la défaite de Chamil, leur chef, et l’occupation du pays par les russes, nombreux furent les Tcherkesses qui, ne voulant pas se soumettre à une puissance chrétienne, émigrèrent vers l’Anatolie, la Thrace ou la Syrie alors sous domination turque.

Le gouvernement ottoman qui connait la valeur de ces montagnards, guerriers par tempérament et par tradition, leur donne des terres et des villages dans les régions les plus turbulentes. Ainsi, 70000 de ces émigrés se fixent en Syrie, à des points stratégiques. Leur loyalisme est à toute épreuve. Soldats de naissance, ils servent scrupuleusement le gouvernement établi. La présence française, à partir de 1920, ne modifiera pas cette attitude.

En 1922, un lieutenant de tirailleurs, chargé de la sécurité d’Alep et de ses environs, fait la connaissance de plusieurs chefs Tcherkesses. L’un d’eux, Osman Bey, lui propose de former un escadron qu’il mettra au service de la France. Ce sont d’abord cinquante hommes, placés sous les ordres de Collet, qui nettoient avec succès les environs d’Alep. Leurs effectifs s’accroissent pour atteindre 160 cavaliers qui forment le « 1er escadron de gendarmerie mobile ». Ils peuvent alors former et encadrer deux nouveaux escadrons. En 1926, cinq escadrons existent, chiffre qui sera porté à huit en 1927. les escadrons dénommés « Tcherkesses » sont numérotés de 12 à 19 et leur PC est à Damas. Le 16e escadron est dissous en 1937 et ses cadres passent au 1er escadron de chasseurs à cheval libanais créé.

Au sein du Groupement, on trouve, en plus des Tcherkesses, des ismaéliens (alaouites) et des bédouins Chammars du Nedj. Ils participent aux combats dans le Hauran druze, autour de Damas (la Ghouta) et à la prise de Soueïda. Par la suite, ils vont assurer la pacification et le maintien de l’ordre dans le Nord-Est de la Syrie.

En 1940, des escadrons de partisans Tcherkesses montés (numérotés 30 à 37) et des escadrons de partisans portés (numéros 38 à 42) sont formés dans la région de Damas. Il existe alors un groupe d’escadrons légers et un groupement de partisans.

Le 21 mai 1941, une centaine de cavaliers Tcherkesses passent, avec leur chef, le lieutenant-colonel Collet, en Palestine pour rejoindre la France Combattante. Les autres restent fidèles au gouvernement français établi à Vichy. Réorganisés le 1er juin 1941, les Tcherkesses ne comptent plus qu’un seul groupement avec deux groupes d’escadrons légers montés (12 à 16 et 18) et un groupe d’escadrons de partisans montés, à quatre escadrons.

Les escadrons portés sont rattachés aux 7e et 8e régiments de chasseurs d’Afrique.

Quelques jours après cette réorganisation débutent les opérations contre les forces australiennes et britanniques. Le chef d’escadron Gaillard-Bournazel et son adjoint le capitaine de la Chauvelais, y trouvent une mort glorieuse.

Après l’armistice, les escadrons Tcherkesses rallient les Forces Françaises Libres. Leur groupement reconstitué à six escadrons continue à assurer les missions de surveillance et de sécurité. Un escadron moto-mécanique à deux pelotons d’automitrailleuses est formé le 1er janvier 1944.

Jusqu’à l’évacuation des territoires du Levant, ils restent fidèles à la France. A l’inverse des autres escadrons légers, ils ne sont pas intégrés dans la nouvelle armée syrienne.

Mal aimés des populations à cause de leur attitude souvent rude pendant les opérations dans un pays où ils ont largement contribué à maintenir l’ordre, ils sont abandonnés par le gouvernement français comme le seront, quinze ans plus tard, les Harkis d’Algérie. Beaucoup passent en Transjordanie (la garde du roi Abdallah, puis du roi Hussein, est formée de Tcherkesses), ou en Palestine. Certains sont même retournés vivre au Caucase. Que sont-ils devenus ?

Les Tcherkesses se distinguent par l’originalité de leur tenue de parade, survivance de leur uniforme national, proche de celui des Cosaques du Kouban ou du Terek. Il comporte une blouse (Kaptal fetsa), blanche l’été, noire l’hiver, à col droit. Elle est recouverte par le Tsé, sorte de redingote noire sans col, avec de fausses cartouches de chaque côté de la poitrine. Sur les épaules est jeté un Bachlik (capuchon) blanc attaché par un cordon noué autour du cou et dont les pans sont rejetés en arrière. La culotte et les bottes sont noires.

A la main, le Tcherkesse tient un Nagaïka, fouet en cuir tressé dont le manche est en bois décoré. Ce manche sert parfois de fourreau à un petit poignard.

Les autres groupements d’escadrons

 

En dehors des groupements homogènes tels les druzes et les Tcherkesses, il existe d’autres escadrons autonomes, de recrutement généralement homogène, stationnés dans les territoires du Nord et de l’Est-Syrie. Dans chacun de ces territoires, un état-major administrait ces divers escadrons.

Le Groupement d’escadrons légers de Djezireh est formé en novembre 1934 pour administrer les cinq ou six escadrons affectés à ce territoire et dont les emplacements varient fréquemment, passant même d’un territoire à l’autre.

La Djezireh (l’île en français), territoire situé entre le Tigre et l’Euphrate, n’est autre que la célèbre Mésopotamie, berceau de civilisations antiques remarquables. Là furent élevées Ninive et Babylone.

Les 19e, 21e, 23e, 24e, 25e et 28e escadrons y stationnent. D’abord à Hassetché, le PC du groupement va à Deirik puis à Kamechli après sa reconstitution en 1942. A cette date, il devient d’ailleurs le Groupement d’escadrons légers de l’Est-Syrie et compte les escadrons 23 à 26, renforcés en 1944 par les escadrons 30 et 31. Il comprend aussi le Peloton Spécial d’Automitrailleuses numéro 5.

Formé également en novembre 1934, le Groupement d’escadrons légers Nord-Syrie, dénommé aussi Groupement d’escadrons d’Alep (où était son PC) compte cinq ou six escadrons : les 18e, 20e, 22e, 26e, 27e et, à partir de 1944, 29e et 32e.

Les escadrons de chasseurs à cheval libanais

Jusqu’en 1937, les quelque 25 escadrons légers existants, répartis en quatre groupements, sont recrutés indifféremment parmi les populations musulmanes ou chrétiennes des territoires du Levant. A la suite d’incidents dans certains escadrons, le général commandant la cavalerie du Levant décide de regrouper en un seul escadron les militaires chrétiens. Ce sera le 1er escadron de chasseurs libanais.

Créé le 1er avril 1937 à quatre pelotons, avec les cadres français du 16e escadron Tcherkesse dissous, deux pelotons montés venant des 1er et 2e bataillons de chasseurs libanais et des éléments prélevés sur d’autres escadrons, il est cantonné à Miyé-Miyé, faubourg de Saïda (Liban-Sud).

D’abord rattaché au Groupement Tcherkesse, il passe en 1938 aux ordres du 8e Groupe d’Automitrailleuses et assure la surveillance de la frontière du Liban. En décembre 1940, un second escadron est créé. Il sera dissous à la fin des combats de juin 1941.

Pendant cette période, les deux escadrons patrouillent le long de la frontière avec la Palestine, sur les pentes du Mont Hermon et couvrent Marjeyoun et Rachaya.

Le 1er escadron sera transféré à l’armée libanaise en 1946.

La coiffure des chasseurs à cheval libanais est le béret (tenue de sortie) et le chèche (tenue de campagne).

L’uniforme et l’armement des escadrons légers

 

Les cavaliers des troupes spéciales ont adopté un uniforme propre à la région d’origine ou à la communauté prédominante dans l’escadron. Ainsi, cet uniforme peut changer au fil des années en fonction du recrutement.

La coiffure

 

C’est la caractéristique la plus visible des escadrons. Elle permet de les distinguer de loin. Il s’agit le plus souvent du Keffieh ou du Kalpack.

Le Keffieh est propre aux bédouins nomades ou sédentaires de l’Est et du Sud-Est de la Syrie. Il est porté jusqu’en Arabie. C’est un carré d’étoffe légère (en laine, en coton ou en soie) d’environ un mètre de côté, orné sur son pourtour de franges ou de petits pompons sur deux côtés opposés. Le Keffieh est plié en deux suivant une diagonale. Le cavalier pose d’abord sur sa tête une petite calotte, puis le Keffieh. Celui-ci tient sur la tête grâce à l’Aghal, gros cordon noir souple et tordu en spirale, en forme de cercle, d’un diamètre sensiblement double de celui de la tête. On le tord d’abord sur lui-même de manière à former un 8, puis on rabat les deux boucles l’une sur l’autre, de manière à former un double anneau qui a le diamètre du crâne. L’Aghal est orné de deux cordons noirs terminés par des pompons que l’on dispose derrière la tête.

Le Kalpack, d’origine caucasienne, est porté dans la région du Nord proche de la Turquie. C’est un bonnet à peu près cylindrique en peau d’astrakan, de mouton ou de chèvre, de couleur noire, grise ou marron. Son fond plat est en étoffe de couleur et porte souvent deux galons en croix. Il est porté légèrement aplati à la partie supérieure.

Bonnet kurde : les escadrons originaires de cette région portent la coiffure traditionnelle des kurdes du Nord-Est syrien : un bonnet blanc pointu terminé par une petite mèche et entouré d’un foulard plié en diagonale pour former un bandeau laissant apparaître la pointe du bonnet.

L’habillement

 

La tenue de campagne d’été est le plus souvent la large Gandourah en toile de coton kaki clair, enfilée par-dessus une vareuse et une culotte de même toile. La tenue d’hiver est en drap kaki (vareuse et culotte des troupes montées). Privilège propre aux escadrons légers, la vareuse, qu’elle soit de toile ou de drap, est du modèle à quatre poches des sous-officiers de l’armée française.

Le manteau réglementaire d’homme monté, en drap kaki, lourd et encombrant, était remplacé dans certains escadrons par l’Abaya, vaste vêtement non ajusté, en laine unie ou à rayures, en général marron.

Les pattes de collet sont généralement bleu ciel, ce qui constitue une exception par rapport aux troupes spéciales du Levant, dont le fond d’écusson est en principe violet. Mais chaque escadron ou groupe d’escadrons a ses particularités que nous indiquons au paragraphe correspondant.

Les bottes sont de couleur fauve ou noire, selon les unités.

Les cadres français portent la tenue de leur dernier corps avec pattes de collet bleu ciel à grenade argentée. Tous portent l’insigne de leur unité pour se différencier des unités purement françaises.

L’équipement et l’armement

 

Dans les premiers temps, l’armement individuel consiste en carabines de cavalerie Mauser K 98A de 7,92 mm qui sont remplacées progressivement, vers 1930, par des mousquetons Mle 1916 de 8 mm, avec baïonnette. Avec les Mauser, les cartouches sont logées dans des baudriers de fabrication locale puis, avec les mousquetons, des ceinturons-baudriers porte-cartouches sahariens modèle 1907 (pour chargeurs à 3 coups) ou 1907/35 (pour chargeurs à 5 coups) sont distribués. Ce ceinturon-baudrier de cuir rouge est formé par deux bretelles en losange reposant sur les épaules et s’accrochant au milieu du ceinturon devant et derrière. Certains de ces ceinturons-baudriers, de confection locale, ne comportent pas de gousset pour la baïonnette.

Le sabre de cavalerie n’est porté que par les escadrons de ligne du Levant. Les Tcherkesses et les Kurdes possèdent un poignard droit d’environ 40 cm de long, dénommé Kindjal chez les Tcherkesses. Le 24e escadron s’arme d’un poignard courbe.

La lance française modèle 1913 en acier, avec flamme rouge et blanche, était emportée par les « Lanciers de Haute-Djezireh » (23e escadron).

Chaque peloton dispose, comme arme collective, d’un fusil mitrailleur modèle 1915 (remplacé par la suite par le FM modèle 24/29) et d’un tromblon VB.

Les escadrons légers du Levant

 

1- Escadrons de ligne

2- 1er escadron de chasseurs à cheval libanais

3- Escadron alaouite

Les populations alaouites habitent la région de Lattaquié. Plusieurs escadrons, formés à partir de 1927, comptaient une majorité de personnels alaouites, notamment les 20e, 26e et 28e. Ces deux derniers sont devenus, entre mars et octobre 1938, les 1er et 2e escadrons de garde à cheval du Sandjak d’Alexandrette.

4- Groupement druze

5- 21e escadron léger du Levant

Formé en avril 1930 à Marjeyoun (Liban-Sud), cet escadron était formé d’éléments Tcherkesses et alaouites, puis kurdes. Il appartint ensuite au groupement d’escadrons légers Nord-Syrie.

6- Groupement Tcherkesse

7- 23e escadron léger du Levant

Cet escadron, constitué de Tchétchènes, une tribu caucasienne proche des Tcherkesses mais en désaccord avec eux, est dénommé 2e lanciers de Haute-Djezireh, du nom de sa région de stationnement.

8- 25e escadron léger

Cet escadron formé en 1930 d’alaouites et de syriens, stationne d’abord dans le Sandjak d’Alexandrette, puis en Djezireh.

9- 26e escadron léger du Levant

Créé en 1925, à Idlib, sous la dénomination de 1er Escadron de gardes mobiles, il a pris le numéro 26 en 1927 et était de recrutement alaouite. De mars à octobre 1938, il est désigné 1er escadron de garde à cheval du Sandjak.

10- 27e escadron kurde

Créé en 1926 à Alep sous la dénomination de 4e escadron de gardes mobiles, de recrutement kurde, l’escadron a pris le numéro 27 en janvier 1927.

11- 22e escadron léger

Cet escadron qui a existé une première fois entre 1926 et 1931 (recrutement hauranais) a été recréé le 1er février 1944.

Les groupements d’escadrons légers

 

A- Groupement d’escadrons légers de Djezireh

B- Groupement d’escadrons légers Nord-Syrie

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