Beyrouth : les gendarmes relèvent les miliciens (Dépêches de l’AFP, AP, Reuter) (Nouveau Magazine numéro 1310 du 11 septembre 1982)

Une nouvelle phase du plan de pacification de Beyrouth a commencé hier, dans les deux secteurs de la capitale libanaise et sous la supervision du Premier ministre et ministre de l’Intérieur, M. Chafic Wazzan. La première étape a été, à 9h, la réouverture du point de passage de Sodeco reliant les secteurs Est et Ouest et fermé depuis plus d’un an. Le plan de pacification de Beyrouth a été élaboré par les autorités officielles libanaises et porte sur la disparition de toute présence armée paramilitaire de la capitale et sur leur remplacement par des forces légales libanaises. Aux termes de cet accord, et pour des raisons principalement politiques, seules les Forces de Sécurité Intérieure (FSI, gendarmerie libanaise) seront chargées, dans un premier temps, d’assurer la sécurité à Beyrouth, l’armée libanaise se limitant au rôle de force d’appoint. La réouverture du point de Sodeco marquait la fin de la division de la ville et, en quelque sorte sa réunification, mais il devait être refermé une heure plus tard en raison d’incidents. Le Premier ministre a participé à la cérémonie avant de se rendre au passage du Musée où l’attendait l’ambassadeur de France, Paul Marc Henry. Il y a assisté au démantèlement des barricades des Mourabitoun (nassériens indépendants). Enfin, les FSI ont commencé à se déployer dans la banlieue de Beyrouth.

Tandis que Philip Habib, le négociateur américain au Proche-Orient repartait pour les Etats-Unis où il recevra, des mains du président Reagan, la médaille de la Liberté, suprême distinction civile américaine, on parle déjà du retrait de la force d’interposition qui se fera en concertation avec toutes les parties. Le secrétaire américain à la Défense, Gaspar Weinberger a estimé que la mission des « Marines » est achevée et que ceux-ci quitteraient Beyrouth bien avant le délai de trente jours prévu par M. Habib. M. Weinberger a également indiqué qu’il y aura des conversations avec les forces italienne et française au sujet du retrait, mais que ces forces ont des commandements indépendants et que ce sera à eux et à leur gouvernement de prendre les décisions.

Quant à la résistance palestinienne, si l’on en croit Salah Khalaf (Abou Iyad) du comité central du Fath, « elle doit réunifier ses rangs et se regrouper en territoire syrien où elle aura le siège de son commandement jusqu’à la libération de la Palestine ». La Syrie et l’OLP ont mis en garde le Liban contre un traité de paix avec Israël.

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