À Beit-Méry, Aoun évoque le « complot » pour l’abattre le 13 octobre 1990

Général Michel Aoun, commandant en chef de l'armée libanaise de 1984 à 1990, Photos, Revue de presse de 1945 à nos jours, Revue de presse de 1975 à 1990

À Beit-Méry, Aoun évoque le « complot » pour l’abattre le 13 octobre 1990

Le chef du CPL prononçant son allocution samedi, à Beit-Méry. Photo Ibrahim Tawil

Le Courant patriotique libre (CPL) a fait célébrer samedi une messe à Deir el-Kalaa, à Beit-Méry, à la mémoire des martyrs de l’armée tombés le 13 octobre 1990, suite à une offensive syrienne contre les unités restées fidèles au général Michel Aoun. L’office, célébré par le père Nagy Baaklini, s’est déroulé en présence d’un grand nombre de cadres et d’alliés du parti.

« Ce jour n’est ni une fête ni des funérailles, mais un jour de fierté, même si mélangée à la douleur », a indiqué d’emblée Michel Aoun dans son allocution, totalement axée sur la période 1988-1990, sans aucune allusion aux thèmes politiques actuels.

Le 13 octobre était « la fin d’une longue guerre qui a divisé le Liban en partis et communautés et qui a aussi divisé les communautés en confessions et les partis en ailes », a-t-il indiqué, évoquant le degré de difficulté de sa mission lorsqu’il a pris la tête du gouvernement militaire de transition le 22 septembre 1988. « Le gouvernement partageait avec les milices un pouvoir sur une étendue de presque trois cazas. Les autres cazas étaient sous le contrôle des forces syriennes et palestiniennes », a-t-il ainsi rappelé.

Survol historique
Exprimant sa volonté de « couper court à une entreprise de falsification de l’histoire et d’occultation des faits visant à semer en permanence la confusion dans l’esprit de différentes générations, en glorifiant le comportement des comploteurs et en dénonçant celui des héros qui ont fait de ces générations de citoyens des êtres libres ayant tous leurs droits », Michel Aoun a dressé son propre historique de son parcours. Il a ainsi évoqué la responsabilité des milices et d’Israël dans la guerre libanaise, avant de pointer un doigt accusateur sur la position américaine en 1988, qui avait placé les Libanais devant le choix suivant : le chaos ou la nomination du président de la République. « Dans un communiqué du commandement de l’armée, nous avons rejeté le principe de la nomination, parce que (…) le choix du président appartient exclusivement à la Chambre (…). Nous avons exprimé notre détermination à assurer l’élection présidentielle, à condition que les Libanais soient traités avec un minimum de décence diplomatique. Et le peuple a adopté cette position. L’armée et la patrie ont réalisé une unité inédite dans l’histoire du Liban », a-t-il dit.
« Après l’impossibilité d’organiser l’élection présidentielle, il fallait former un cabinet de transition avant la fin du mandat présidentiel. Lorsque le président n’a pu le faire, j’ai été convoqué au palais présidentiel deux heures avant la fin du mandat, et il m’a été proposé de former un gouvernement mixte militaro-civil. J’ai préféré un cabinet militaire formé du conseil militaire, qui représentait le cabinet démissionnaire à l’époque et qui était composé des différentes composantes communautaires du pays. Ainsi, nous étions en train d’assurer une continuité transitoire en attendant l’élection présidentielle. (…) Nous avons accepté la mission, tout en sachant qu’il s’agissait d’une boule de feu, parce que nous sommes des militaires et nous ne fuyons pas nos responsabilités, quelle que soit la difficulté de la mission. Nous sommes préparés aux missions fatales », a poursuivi M. Aoun.
Il a ensuite évoqué les différentes étapes de cette période : la réunion arabe de Tunis en janvier 1989, la création du comité des six pour résoudre la crise libanaise, son départ pour Tunis, puis les premiers affrontements avec les milices à partir du 14 février 1989, ainsi que la controverse sur l’affaire des ports et des services publics, qu’il voulait confisquer aux milices et remettre sous le contrôle de l’État.

La guerre de libération
Il a ensuite fait assumer la guerre de libération aux « provocations du général Ghazi Kanaan, qui a incité le gouvernement démissionnaire et certains de ses collaborateurs à Beyrouth-Ouest » contre cette dernière mesure. « Les bombardements contre le port de Beyrouth ont commencé et ont duré huit jours successifs », suite à quoi la guerre de Libération a commencé le 14 mars 1989, après une tentative d’assassinat contre lui à travers le bombardement du palais de Baabda.
« Nous avons été stupéfaits lorsque nous avons reçu l’information selon laquelle le palais de l’Unesco avait été bombardé par l’artillerie et qu’il y avait beaucoup de victimes. Nous avons accepté à l’époque la proposition Hoss d’une commission arabe pour enquêter sur l’origine du tir. J’ai personnellement estimé qu’il s’agissait d’un complot contre le gouvernement de transition (…)» a-t-il indiqué, faisant assumer la responsabilité de ce massacre aux Forces libanaises sans les nommer. « À ceux qui continuent de nous accuser du massacre de l’Unesco, nous disons : ou bien vous êtes complices du crime, ou bien vous répétez comme des perroquets tout ce que vous entendez sans aucun sens critique ou analytique. De toute façon, le dicton populaire dit bien que l’imbécile est le frère du malhonnête » , a souligné le chef du CPL.

Michel Aoun a évoqué le sommet de Rabat et la formation de la commission tripartite, évoquant un accord syro-américain James Baker-Saoud el-Fayçal pour empêcher toute solution hors de la sphère d’influence de ces deux pays. « Nous nous sommes retrouvés en confrontation avec les États-Unis, devenue seule superpuissance, alors que nous avions réussi à gagner le sommet arabe à notre cause. Ces derniers ont demandé à l’Arabie saoudite de nous écarter quel qu’en soit le prix, parce que j’avais mis en échec tous les complots américains », a-t-il noté.

Il a enfin évoqué les préparatifs de l’accord de Taëf, avec, en filigrane, un accord implicite entre l’Arabie saoudite et la Syrie pour se partager le pouvoir au Liban : la Syrie prenant en charge l’aspect politique et sécuritaire, et l’Arabie l’aspect économique et financier. « Nous avons critiqué l’accord de Taëf parce qu’il n’a été signé que par des parties libanaises et n’a obligé personne à se retirer du Liban, à lever la tutelle et à restaurer la souveraineté perdue. Et lorsque nous avons tenu à cette position, tout le monde a comploté contre nous et nous a poignardé dans le dos en suscitant des guerres internes créées par les milices pour provoquer une intervention des forces étrangères. C’est alors que le 13 octobre s’est produit », a indiqué M. Aoun, évoquant le souvenir des pères antonins Cherfane et Abi Khalil « qui sont considérés comme étant disparus (à Beit-Méry) et que nous souhaitons être en vie ».

Et le chef du CPL de conclure : « Nous avons commencé à atteindre les buts pour lesquels nous avons combattu. Et quelles que soient les difficultés, nous les surmonterons afin d’élever la nation et d’assurer une vie respectable aux citoyens. »

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