Trente-cinq réseaux pro-israéliens démantelés, des dizaines de suspects sous surveillance – L’Hebdo Magazine numéro 2689 du 22 mai 2009

Le démantèlement des cellules d’espions, pour le compte d’Israël, provoque presque quotidiennement une onde de choc. Plus de trente-cinq réseaux ont été démantelés à ce jour, dont beaucoup n’ont pas été révélés pour des raisons sécuritaires. Des dizaines de suspects sont sous surveillance.

 

Presque tous les jours, de nouvelles arrestations sont signalées. Samedi 16 mai, l’armée libanaise a arrêté Ziad Homsi, ancien président du Conseil municipal de Saadnayel dans la Békaa, actuellement adjoint au maire et cadre du Courant du Futur. A la suite de l’arrestation, al-Moustaqbal a publié un communiqué précisant que Ziad Homsi « ne fait pas partie de la hiérarchie » du mouvement ni de sa machine électorale.

Deux jours plus tard, les services de renseignements militaires encerclent la Bibliothèque publique à Saadnayel, mise en place par Ziad Homsi. Ils y découvrent des équipements sophistiqués de communication et plusieurs CD. Selon des informations sûres, Homsi était chargé de rechercher trois soldats israéliens tués en 1982 dans la bataille de chars de Sultan Yaacoub. Il a avoué avoir initié des contacts avec des israéliens après la guerre de juillet 2006, sans connaître, de prime abord, leurs véritables identités et leurs intentions. Ses « contacts » lui auraient demandé, par la suite, d’aller en Thaïlande discuter d’affaires commerciales, et c’est ainsi qu’ils ont révélé leurs identités. Homsi a accepté de travailler pour eux en échange de sommes d’argent importantes qu’il a utilisées pour relancer son journal al-Irada (La Volonté). Il a ainsi collecté des données sur la disparition des soldats israéliens, sous prétexte qu’il préparait un livre sur la bataille de Sultan Yaacoub. Il aurait aussi été chargé de localiser le chef de la Résistance, Sayyed Hassan Nasrallah.

Un autre suspect est arrêté : Nasser Nader, originaire de Ghandouriyé (Nabatiyeh) et sa femme, Nawal Maalouf. Nasser a admis avoir communiqué avec les israéliens depuis 2002. L’agent a reconnu avoir eu pour mission d’ « observer » des cadres de la Résistance. Il dit avoir marqué un ensemble de cibles dans la banlieue Sud de Beyrouth, et transmis les adresses de membres du Hezbollah.

Le même jour, deux libanais soupçonnés d’espionnage au profit de l’Etat hébreu ont fui vers Israël avec leurs familles. Elie Hayek, professeur de mathématiques, poliomyélite, originaire de Qleïaa, est parvenu à s’infiltrer, à travers les barbelés à Yaroun, au Liban-Sud. Sa femme et ses trois fils sont également introuvables. Hanna Azzi, originaire de la localité de Rmeich, s’est enfui également avec sa femme et ses trois enfants. Les voitures des deux fugitifs ont été retrouvées près de la frontière.

Ce coup de filet a eu lieu grâce à la coordination entre le bureau des renseignements des FSI, la direction des renseignements de l’armée libanaise et le service de sécurité de la Résistance.

Déjà, en juin 2006, l’armée libanaise avait affirmé avoir découvert un réseau lié à Israël, qu’elle avait accusé de l’assassinat d’un dirigeant du Jihad Islamique au Liban, Mahmoud Majzoub, et de son frère Nidal, dans un attentat à la voiture piégée à Saïda.

Un an et demi plus tôt, des opérations de surveillance avaient été mises en place. Des personnes avaient été arrêtées et relâchées dans le cadre de cette opération. En novembre dernier, deux suspects sont arrêtés après une série d’enquêtes dans la région de la Békaa. Selon certaines informations, le chef du réseau, Ali el-Jarrah, a avoué aux enquêteurs qu’il avait reçu l’ordre de surveiller le quartier de Kfarsoussa à Damas, là où le chef militaire du Hezbollah, Imad Moughnié, a été assassiné en février 2008.

L’affaire en reste là. Les services font le silence autour de cette arrestation, en attendant de pouvoir mettre la main sur d’autres cellules. Après quelques mois de sommeil, ces cellules ont repris leurs activités dès le début de l’année. De longues semaines de surveillance s’ensuivent. Des informations filtrent à petites doses.

Début avril, un nouvel élément survient. Un réseau d’espionnage est démantelé et accusé de collaboration avec Israël. Il est dirigé par l’ancien général à la retraite, Adib Alam, fonctionnaire à la Sûreté Générale. Il aurait touché des dizaines de milliers de dollars pour fournir des renseignements précis sur des sites militaires et civils syriens et libanais, dont certains avaient été bombardés durant la guerre de 2006. Les services de sécurité ont retrouvé chez lui des appareils d’espionnage, dont un équipement GPS très perfectionné. Quelques jours plus tard, le neveu d’Adib Alam, Joseph, est arrêté dans la localité frontalière de Nakoura. La police a saisi à son domicile de Rmeich son ordinateur.

L’arrestation d’Adib Alam et le démantèlement de son réseau ont eu lieu après une surveillance de plusieurs mois. Quelques jours plus tard, deux autres réseaux indépendants sont découverts. Le premier concerne un certain Robert Edmond K…, qui habite près de Marjeyoun et travaille dans le secteur de location de matériels de construction, et le palestinien Mohammad Ibrahim Awad, habitant de Saïda et travaillant dans une société de construction à Zahrani.

Le second réseau est celui de Ali Hussein Mantach de Nabatiyeh, propriétaire d’une boulangerie à Zebdine. Dans les résidences des inculpés, on a retrouvé des ordinateurs et des téléphones mobiles internationaux israéliens.

Un troisième réseau est formé des deux frères Jaafar et Hassan Y. dans le village de Sultaniyé. Quelques jours plus tard, deux frères, H. et M. Chéhab, et l’épouse de ce dernier sont arrêtés à Ghaziyé. L’un d’entre eux a avoué avoir collaboré avec Israël bien avant l’an 2000. Il a déclaré avoir effectué plusieurs voyages en Palestine pour y rencontrer des officiers israéliens. Il avait pour mission de recenser les maisons des responsables de la Résistance au Sud.

Une autre cellule de quatre hommes à Bint Jbeil et ses environs est découverte. L’un des inculpés opérait pour le compte du bureau 504, sous le commandement de Jamal Daou. Il travaillait, depuis 2000, à Bint Jbeil, dans la réparation des appareils électriques.

Au total, dix-huit personnes, dont douze sont actuellement détenues, ont été inculpées pour espionnage depuis avril.

Erreurs israéliennes

 

Un responsable des services de sécurité libanais révèle que de graves erreurs commises par les israéliens après l’arrestation d’Adib Alam ont permis de repérer les autres cellules d’espions. Selon lui, les Forces de Sécurité Intérieure, qui s’attendaient à une action israélienne à la suite de l’arrestation de Alam, n’ont pas été déçues. Après plusieurs arrestations, les services de sécurité ont trouvé des informations et des données qui leur ont fourni l’accès à plus de 200 objectifs israéliens probables sur le sol libanais.

De source informée du dossier, on a assuré à l’agence al-Markaziya que « les enquêtes préliminaires ont montré que ces réseaux étaient chargés de photographier les maisons de certaines personnalités, notamment des hommes politiques et des responsables sécuritaires. Des photos de sites dans les régions chrétiennes ont été découvertes chez certains suspects ».

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