Feu vert pour l’aide franco-saoudienne à l’armée libanaise

L’entretien Hollande-Hariri de mardi aura été suivi d’effets très rapidement puisque le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a déclaré hier à la tribune de l’Assemblée que « les conditions sont réunies pour la finalisation de l’accord franco-saoudien visant à livrer des armes françaises au Liban pour trois milliards de dollars ».
Saad Hariri avait déclaré la veille, comme le rapportait notre édition d’hier mercredi, au sujet du projet franco-saoudien, qu’il était en cours de finalisation, annonçant de nouveaux développements dans une semaine à dix jours.
Mais il n’a pas fallu plus qu’un jour pour que des annonces officielles soient faites puisque, toujours devant les parlementaires, lors d’une séance de questions au gouvernement d’hier, M. Le Drian a ajouté : « Tous les travaux sont terminés et le président de la République a indiqué à M. Hariri que les conditions étaient désormais remplies. »
Le plaidoyer de l’ancien chef de gouvernement libanais mardi à l’Élysée pour une aide militaire urgente au Liban a donc bien porté ses fruits et on pourrait espérer dans les prochains jours le déclenchement du processus technique pour de prochaines livraisons de matériel français à l’armée libanaise.
M. Le Drian a d’ailleurs parlé d’un « schéma contractuel » franco-saoudien qui vient, a-t-il dit, d’être validé par les autorités de Riyad.
Malgré la discrétion observée à ce sujet par les services de la rue Saint-Dominique (siège du ministère de la Défense), on apprenait que des contacts franco-saoudiens ont permis entre mardi et mercredi d’abréger certaines formalités et procédures pour gagner du temps et permettre enfin la concrétisation du projet d’aide militaire au Liban, essentiellement ce qui doit nous parvenir dans le cadre du don saoudien de trois milliards de dollars. Saad Hariri ayant très probablement laissé entendre qu’en ce qui concerne le quatrième milliard (celui dont il est en charge), du matériel français pourrait être acheté, notamment pour les FSI.
Mais cela signifie-t-il que tous les obstacles ont été aplanis ?
Une source militaire indépendante nous a déclaré hier que le tout est de savoir à quel rythme et à quelle fréquence les livraisons seront effectuées. Cela pourrait être lent par rapport à l’urgence des besoins, a expliqué cette source, s’il s’agit de matériel neuf mais on pourrait aller plus vite si du matériel « existant et en service » était accepté par le commandement de Yarzé.
Et puis, a ajouté cette source, la question du genre d’armement requis par le Liban reste posée et on ne sait pas encore si la « shopping list » du général Jean Kahwagi sera avalisée intégralement ou en partie du fait des réserves de certains et des objections d’autres.

Satisfaction… mais aussi inquiétude
Satisfaction en tout cas à Paris, Beyrouth et Riyad, mais en même temps préoccupation et même inquiétude sur la situation au Liban.
Le porte-parole du Quai d’Orsay a exprimé en effet hier la préoccupation de la France à l’égard de la « recrudescence des tensions depuis le 5 octobre au Liban-Sud, le long de la ligne bleue, et en particulier par l’attaque revendiquée par le Hezbollah et qui a fait des blessés parmi les soldats israéliens et libanais ».
Le porte-parole a ajouté : « Nous demandons à toutes les parties de respecter la cessation des hostilités, de prévenir toute violation de la ligne bleue et de coopérer pleinement avec la force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Il est essentiel qu’elles évitent toute escalade et fassent preuve de retenue. La France rappelle son attachement à l’application intégrale de toutes les dispositions de la résolution 1701 du Conseil de sécurité. »
Mais dans les milieux parlementaires qui suivent de près la situation au Liban et dans la région, on ressent bien plus qu’une préoccupation. Un député, membre du groupe d’amitié France-Liban, a déploré qu’au moment où Daech se trouve déjà en terre libanaise ou presque, les parties libanaises antagonistes ne parviennent pas à assurer un minimum d’entente sur les moyens de faire face au danger intégriste.
De plus, a ajouté ce parlementaire, on n’évalue pas à la même échelle le degré de ce danger qui d’ailleurs pour certains politiciens libanais n’en est pas un…
« Comme quoi, le tout n’est pas de recevoir des armes mais de parvenir, entre Libanais, à créer un climat politique propice à une riposte appropriée », a conclu le député qui a estimé que « si le Liban n’est pas encore dans l’œil du cyclone, il doit s’attendre au pire rien qu’au vu de ce qui se passe à ses frontières ».

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