Le 29 août 1991, l’opération « Hortensia » exfiltrait le général du Liban (L’Orient-Le Jour du vendredi 6 mai 2005)

Général Michel Aoun, commandant en chef de l'armée libanaise de 1984 à 1990

L’arrivée du général Michel Aoun, samedi, marque la fin de quinze ans d’exil qui ont commencé le 29 août 1991. Le départ de l’ancien chef du gouvernement de transition pour la France avait été permis grâce à une opération mise au point dès 1989 et sur laquelle l’AFP revient aujourd’hui dans ce reportage:

« L’opération qui a permis l’évacuation du général Michel Aoun de Beyrouth le 29 août 1991 à l’aube était baptisée « Hortensia » et l’ex-Premier ministre ignorait jusqu’au dernier moment, comment il allait quitter le Liban », rappelle l’AFP.

Dès le départ, trois possibilités ont été envisagées: le départ par l’Aéroport International de Beyrouth, par un hélicoptère qui aurait atterri à l’ambassade de France, ou par voie de mer, à partir du bassin du Golden Beach, à Dbayé. C’est la troisième qui allait être retenue.

Le convoi acheminant le général Aoun a quitté vers 04h45, « par la porte de derrière », le siège de l’ambassade de France, où il était réfugié depuis 321 jours, alors qu’un autre convoi « de leurre » sortait simultanément de la chancellerie en passant devant les journalistes et les photographes postés à l’entrée.

Les français ont emmené avec eux le directeur de la Sûreté générale, Raymond Rouphaël, et ont coupé l’autoroute menant à Dbayé.

Le général Aoun, en tenue civile, se tenait aux côtés de l’ambassadeur de France, Daniel Husson, dans la voiture portant la plaque numéro 1, fanion tricolore au vent.

Le convoi a emprunté, en sens inverse, l’autoroute neutralisée à toutes les intersections par des gardes de sécurité de l’ambassade et des gendarmes français, à bord de voitures banalisées, qui en interdisaient l’accès à tout véhicule.

Arrivé au bassin de Dbayé, le général Aoun et ses compagnons ont revêtu des combinaisons plastifiées et sont montés à bord de canots pneumatiques de types « Zodiac » escortés par une vingtaine de membres des services spéciaux français.

REVIREMENT BRITANNIQUE

Une heure et demie plus tard, ils ont atteint le « Quartier-Maître Anquetil », un petit aviso escorteur français de 1200 tonnes qui mouillait au large. Le bateau, attendu à Chypre au port de Larnaca par un important dispositif de sécurité, devait se diriger vers la base britannique d’Akrotiri, près de Limassol. De là, le général Aoun devait prendre l’avion pour la France, qui lui avait déjà accordé le droit d’asile.

Mais, au dernier moment, les britanniques se sont rétractés pour des raisons restées inconnues, et le « Quartier-Maître Anquetil » a passé la nuit au large de l’île. Ce n’est que vendredi à 06h11, que le général Aoun, qui avait gagné Larnaca sur un canot pneumatique, a pris l’avion, un petit Falcon blanc, qui l’a convoyé en France, clôturant avec succès l’opération « Hortensia ».

Les grandes lignes de cette opération avaient été mises au point dès 1989, parallèlement à un plan destiné aux civils, pour l’évacuation des personnalités lors de la « guerre de Libération » déclenchée par le général Aoun contre les forces syriennes au Liban.

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